‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 358 sur 385 · CAPITULATION DE BRESLAU · texte numérisé non relu

CAPITULATION DE BRESLAU

le moment qu'ils auraient dû battre eux-mêmes la caisse, car il n’y avait plus de tambours. »

Breslau perdu, les Prussiens ne pouvaient se maintenir plus longtemps à portée de la vilie; le général Kyau qui en vertu de son ancienneté de grade avait pris le commandement, se retira précipitamment dans la direction de Glogau; en route une partie de son effectif l’abandonna.

Le gain de cette bataille, écrit le prince Charles (1), a des suites bien heureuses, car la plupart des Silésiens , désertent et nous en avons par mille; le général Beck qui poursuit l’armée me mande qu'il n'aurait pas assez de monde pour escorter les déserteurs, le nombre qui lui en vient tous les jours, tant de cavalerie que d'infanterie, étant incompréhensible, si bien qu'il croit que toute cette armée va se fondre: aussi va-t-elle un furieux train car je crois qu'elle arrivera aujourd’hui à Glogau. »

Durant les événements de Breslau , le roi de Prusse avaït : continué sa marche; débarrassé du corps de Marshall qu'une démonstration du maréchal Keith sur Leitmeritz à la tète de 6,009 hommes avait fait rentrer en Bohême, Frédéric forçait les étapes pour courir au secours de la Silésie. Ce fut le 24 novembre, à Naumburg sur la Queiss, qu’il apprit la défaite de son lieutenant. il expédia l’ordre à Bevern, qu’il croyait encore à la tête de ses troupes, de laisser Lesiewitz avec une forte garnison à Breslau, et de venir le rejoindre avec le reste de ses forces en passant par Glogau. Le 28 novembre, le Roi arriva à Parchwitz,; il y reçut l'avis de la reddition de la capitale de la Silésie et de la capture de Bevern. Rien loin d’être abattu par ces désastres successifs, il résolut de maintenir l'offensive; son premier soin fut d'appeler à lui les débris du corps de Bevern dontil donna le commandementà Ziethen, en remplacement de Kyau jugé incapable. La réunion fut

(1) Prince Charles à l'Empereur, 27 novembre 1757. Archives de la Guerre. Vienne,

effectuée le 2 décembre à Parchwitz où l’armée fit un séjour, aussi indispensable pour la réorganisation des régiments battus devant Breslau que pour le repos de ceux qui revenaient de Rossbach. Partis le 13 novembre de Leipsick, les soldats de Frédéric avaient mis quinze jours à franchir les 300 kilomètres parcourus. Pour obtenir ce résultat, véritable tour de force dans la mauvaise saison et par les chemins de la Lusace et de la Silésie, le Roi avait dû cantonner ses hommes et les faire nourrir par l'habitant.

Tout d'abord, il fallut reconstituer l'artillerie de campagne, remonter le moral du soldat et de l'officier. Frédéric s’y appliqua sans perdre un instant; il emprunta à la forteresse de Glogau vingt pièces de gros calibre dont il confia le service à des cavaliers en place des canonniers qui faisaient défaut; des distributions extraordinaires de

vivres et de vin rétablirent la bonne humeur dans les rangs. Aux officiers, il tint un langage énergique, il rappela les services passés, la gloire acquise en commun, il

fit appel à l'honneur, au dévouement, à l’amour de la | qu’ patrie; il leur révéla ses projets, il ne leur dissimula d'a pas son dessein de reconquérir la Silésie ou de périr en solc le tentant. « Tout est perdu, leur dit-il (1), si je ne ris- de : que pas cette entreprise. IL faut vaincre l'ennemi, ou nous s'ils f2 re enterrer sous ses batteries. » Puis, de l’éloquence per- tent suasive le Roi passa au ton du maître. « Si quelque régi- cha ment de cavalerie ne va point à la charge au moment où qui il en recevra l’ordre, je lui ferai mettre pied à terre im- de 1 médiatement après la bataille, et je le dégraderai pour tre : en faire un simple régiment de garnison. Tout bataillon l'es] d'infanterie que je verrai hésiter, quelle que soit la na- proi ture des obstacles qu il puisse rencontrer, perdra ses dra- puis

tent

(1) Ce discours est reproduit dans l'ouvrage de Retzow qui fut présent à la scène. Retzow. Mémoires historiques sur la Guerre de Sept Ans. Vol. (1) I, p. 299 et suivantes. de la

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