POSITIONS DES AUTRICHIENS
la direction de l’Oder. Entre Leuthen et Sagschütz, une seconde dépression à pe:ne sensible permet l'écoulement des eaux vers Gohlau et la Schweidnitz. En résumé le théâtre de la bataille ne présente aucun accident appréciable de terrain, et n'offre que des horizons comparativement restreints.
Cependant de son poste d'observation, Frédéric, grâce à son coup d'il exercé et à sa pratique d'un district où il avait souvent manœuvré cn temps de paix, put reconnaître l’armée autrichienne, dont une pa:tie se détachait sur les champs dénudés, dont l’autre se devinait à travers le rideau boisé. Le prince Charles, dès les premières heures de la journée, avait rangé son corps de bataille sur deux lignes, derrière Frobelwitz et Leutheu; l'extrème droite se prolongeait jusqu'à Nippern, en arrière du bois du Zettel Busch et des marais que forme le ruisseau dont nous avons parlé. La cavalerie de l'aile droite était postée à Guckerwitz, un peu au nord de ia chaussée; celle de l'aile gauche se tenait de l’autre côté de Leuthen. Trois batteries à Guckerwitz, près du moulin de Frobelwitz et entre ce hameau et Leuthen, couvraient le front que protégeaient en outre les deux villages occupés en guise d’avant-postes par quelques compagnies de fantassins. Une réserve sous les ordres du duc d'Arenberg reliait la droite au centre. Sur l’autre flanc, au delà de Leuthen, le corps de Nadasdy composé d’Autrichiens, de Hongrois et des auxiliaires bavarois et wurtembourgeois, continuait la ligne jusqu’à Sagschütz. De ce point, l'extrème gauche autrichienne "epliée à angle droit, allait, en passant par Kolline, s'appuyer au bois de Gross Gohlau, aux abords de la rivière de Schweidnitz. Cette partie de la position avait devant elle, en guise de défense naturelle, un ruisseau à débit paresseux qui prend sa source du côté d'Illnisch, et qui se déverse dans la Schweïdnitz après
avoir alimenté les nombreux étangs de Schriegwitz et GUERRE DE SEPT ANS. 45
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de Gohlau. Une batterie était établie à l’ouest de Sagschütz; en avant et au sud de ce hameau, sur une butte couronnée de sapins aujourd'hui disparus, qui porte Île nom de Kieferberg, Nadasdy avait placé une avant-garde de trois bataillons wurtembourgeois avec du canon. Ce poste avancé était flanqué à gauche par le bois de Kaulbusch dont la défense était confiée à deux bataillons hongrois. Les fossés qui coupent les abords du Kieferberg, les prés mal drainés qui séparent ce monticule des jardins de Schriegwitz, et enfin quelques tranchées creusées par les soldats, devaient opposer des obstacles sérieux à un assaillant débouchant de ce village. Peu sensible entre Schriegwitz et le Kicferberg, plus accentuée à l'entrée de Sagschütz, la pente du terrain est négligeable de ce hameau à Leuthen. Entre ces deux localités, éloignées l’une de l'autre d'environ deux kilomètres à vol d'oiseau, se déroule une p'iine en culture.
En somme la position autrichienne , bien choisie au point de vue des légers avantages qu'offrait la configuration du sol, avait l'inconvénient d'être trop étendue pour les formations de l’époque; de Ninpern à l'extrême droite, jusqu'à Sagschütz, elle avait une iongueur de neuf kilométres. Comme on le verra, cette faute initiale fut singulièrement aggravée par les erreurs des généraux impériaux. En outre on avait à dos la rivière de Schweïdnitz dont le passage en cas d'échec serait une source de retards et de désordres. Enfin le prince Charles avait laissé à Breslau une partie de ses pièces de campagne, et ne disposait plus de l'artillerie formidable dont le feu avait eu une si large part au gain de la bataille de Kolin.
À peu près égaux en cavalerie, les Impériaux avaient en infanterie une grande supériorité numérique. Tandis que les Prussiens ne pouvaient mettre en ligne que k8 bataillons et demi et 128 escadrons, soit environ 24,000 fantassins et 12,000 cavaliers, le prince Charles
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