‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 371 sur 385 · PRISE DE BRESLAU PAR LES PRUSSIENS · texte numérisé non relu

PRISE DE BRESLAU PAR LES PRUSSIENS

gnée le 19 décembre; la arnison obtint les honneurs de la guerre, mais resta prisonnicre; elle était forte de 13 généraux et 17,000 hommes dont 11,000 en état de porter les armes, les autres malades où blessés. Les vainqueurs s'emparérent de R{ canons, d'approvisionnements considérables et de la caisse militaire contenant 144,000 gulden. Liegnitz subit bientôt le sort de Breslau : mais le colonel Bulow, après une défense qui dura jusqu'au 28 décembre, fut autorisé à sortir librement avec son personnel. De toutes leurs conquêtes les Autrichiens ne gardèrent que la forteresse de Schweïidnitz, défendue par une garnison de 7,000 hommes sous les ordres du général Thurheim.

Quel changement de fortune dans ce mois de décembre! A la veille de Leuthen les Impériaux étaient maitres de la plus grande partie de la Silésie. Sans doute ils

ivilent laissé échapper l'occasion de détruire le corps

de Bevern si compromis après l'affaire de Breslau: sans doute ils n'avaient rien fait pour empécher la jonction des troupes battues avec celles du Roi; mais malgré ces lourdes fautes, appuyés sur les places de Breslau, Lieœnitz et Schweidnitz, confiants dans leur supériorité numérique, encouragés par les succès récents, ils paraissaient en mesure de résister à Frédéric dont l’armée, composée pour moitié de soldats deux fois défaits en six mois, ne pourrait tenir longtemps la campagne. La décision de marcher à l'ennemi, excellente le 25 novembre, était dangereuse le # décembre. Lents, méthodiques, mauvais manœuviiers, les Autrichiens s'entendaient admirablement à défendre une position, à repousser avec une bravoure tenace des assauts répétés: mais il était imprudent de leur demander sous le feu de l'ennemi, et dans la confusion de la bataille, des mouvements que les chefs étaient aussi incapables de diriger que les soldats d'exécuter. Si le prince Charles, au lieu de se porter

à la rencontre de son entreprenant adversaire, après lui avoir donné le temps de reposer et de réunir ses forces, se fût contenté de l'attendre dans les retranchements encore intacts derrière la Lohe où Bevern s'était maintenu si longtemps, 1l est probable que le roi de Prusse ne l'eût pas entamé: out au plus aurait-il pu menacer, couper méme ses communications avec la Bohème; mais les Au trichiens maitres des deux rives de l'Oder n'auraient pas été embarrassés pour vivre; force aurait été à Frédéric de prendre ses quartiers d'hiver sans avoir reconquis la Silesie.

Que le prince Charles, par sa marche inconsidérée sur Neumarkt, par la mauvaise distribution de ses forces, et surtout par son immobilité pendant la matinée de Leuthen, ait sacrifié ses avantages, qu'il ait commis une erreur capitale en laissant une division de son armée à Breslau, cela est indéniable; et cependant les fautes de ses lieutenants dépassèrent les siennes : Lucchesi en sollicitant des renforts dont il ne sut pas se servir, Nadasd\ en confiant à des recrues indisciplinées la clef de sa position, Sprecher en livrant presque sans résistance la place dont il avait charge, eu: ont leur large part dans les désastres qui terminèrent la campagne. Quant au principal agent de la catastrophe, le général qui ramenait à peine la moitié de l'armée naguère victorieuse, il ne semble pas se rendre compte de la responsabilité morale encourue, « Quoique la situotion soit fort mauvaise et fort critique, écrit-il à l'impératrice (1), elle n'est. Dieu merci, pas au point que Votre Majesté se la figure; et si nous somimes ruinés, Votre Majesté peut ètre sûre que l'armée du roi de Prusse n'est pas en bon état non plus, etque je ne crois pas à tenter quelque chose cet hiver de considérable ; mais il faut être sur ses gardes, car avec

1 Prince Charles à Fimpératrice, 31 décembre 1737. Archives de Vienne.

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