L'IMPERATRICE RECOIT CHOISEUL
qualifié le projet de retirer l'armée francaise du Hanovre comme équivalant à l'abandon de l'alliance, En terminant elle avait manifesté « l'espérance que le Roi hasarderait encore là campagne prochaine; elle m'a dit qu'elle-même avait dans le cœur l'espoir qu'elle serait heureuse, »
Ce langage, où la fermeté pleine de dignité de la souveraine empruntait la chileur persuasive d'une plaidoirie féminine, fit impression sur l'esprit de Choiseul, Il n'hésite pas à se prononcer : « Je crois, en bon serviteur du Roï et en honnète homme, devoir avertir que la moindre précipitation sur la paix deviendrait dangereuse, et que cette cour pourrait prendre les partis les plus violents si elle vovait que nous cherchons à la forcer à la paix. L'Empereur et l'Impératrice, ainsi que M. de Kaunitz qui à la première direction des affaires, sont des âmes d'un courage et d’une force peu commune, surtout l'Impératrice. » L'ambassadeur rend compte de la conférence tenue chez le prince Charles le 29 janvier, à laquelle il avait assisté avec Montazet, passe en revue la situation militaire, et conclut : « Mon sentiment est aue cette paix sert nuisible, et qu'absolument elle ne doit pas ètre faite, »
Quand la volumineuse dépêche de Choiseul arriva à Versailles, elle trouva les dispositions modifiées. Stahremberg, rétabli, s'était employé à réconforter les esprits défaillants, à stimuler le zèle des amis, à agir sur l'entourage du Roi. Bernis, très ému de l'accueil qu'avaient reçu à Vienne ses conseils pacifiques, cherche à se justifier. Le 6 février, c'est-à-dire deux jours avant la séance du cabinet où 1l donna connaisance du courrier à ses collègues, il écrit à Stahremberg : © SI j'étais capable (1) de prendre de l'humeur, j'en aurais pris sur le peu de justice qu'on nous rend à Vienne. J'ai cru que M. de Stainville devait parler à cœur ouvert sur notre positicu réciproque,
(1) Bernis à Stahremberg, 6 février 1758. Archives de Vienne,
nas ces ouvertures n'ont produit que des scupcons et des ‘dées qui ne s'accordent guère, ni avec le caractère du Roi, ni avec l'opinion que je croyais avoir établie du cuen. J'espère qu'on verra plu: elair et qu'on cessera de craindre nos intentions. Les propositions dont M. de Mailly était chargé jettent de l'ombrage; cependant nous n'en avons pas fait mystère, et nous les avons accueillies 1 cemme elles le méritaient ; 1! en de mème de celles de la margrave de Baireuth (2). Tous ces pièges tendus à notre bonne foi sont trop grossiers. En un mot, Monsieur le comte, nous sommes d'hoanètes gens, incapables de mancuvrer en-dessous. Nous n'aimons pas plus le roi de Prusse que vous. »
Au conseil du 8 février, et à la suite de la lecture des avis de Vienne, on adopta des résolutions énergiques. Bernis fit part de ce résultat à Choiseul dans une dépèche 3 du 9 février: 1l débute par des explications qui ressemblent fort à des excuses : « Sa Majesté est aussi peinée que surprise des inquiétudes que l'Impératrice-Reine et M. de Kaunitz vous ont marquées. » Jamais on n'avait songé à traiter séparément; pour prouver l'exactitude de cette assertion, le ministre fournit des renseignements détaillés sur les incidents du comte de Mailly et du cardinal de Tencin. « L'intention du Roi, continue-t-il, n'a été ni d'engager l'Impératrice à faire la paix si Elle le croyait contraire à ses intérêts ou à sa gloire, ni mème de lui en donner le conseil. » Le ministre reproduit, an nom de son souverain, les justifications contenues dans son billet à Stahremberg, affirme « que la résolution de Sa Majesté à
‘1 Louis XV avait répondu à Mailly qu'il ne pouvait traiter sans ses alliés. Correspondance politique, vol. XVI, p. 266.
2; Voir au sujet de cette tentative de négociation à laquelle prirent part Voltaire, les deux frères Tronchin et le cardinal de Tencin, Duc de Broglie. Voltaire, p. 212 et suivantes. Bernis repoussa ces ouvertures par une lettre au cardinal en date du 29 janvier 1758. Archives des Affaires Etrangères.
(3) Bernis à Stainville, 9 fevrier 1757, Archives des Affaires Etrangères.
ns et actère lie du ra de Mailly ss nel es de la notre ur Île *s de oi de
e des ques.
lépè- S qui | peieine avait le de s dédinal LG ni Dyait ui en 1 de let à té à
es al-
L part oglie, lettre 's.