‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 382 sur 385 · RETARD DES PRÉPARATIFS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

RETARD DES PRÉPARATIFS FRANÇAIS

En février 1758, les velléités pacifiques avaient fait place aux préparatifs guerriers : l'Impératrice continuait avec ardeur ses efforts pour remettre ses forces sur pied et pour reprendre la lutte contre son formidable adversaire. Du côté francais on était fort en retard. Se fiant à la tranquillité habituelle des mois d'hiver, illusionné peutêtre par l'espoir de renouer les négociations du Hanovre, indécis sur les opérations de la campagne prochaine, le ministère de Louis XV n'avait rien fait pour le recrutement ni pour la restauration de la grande armée. Sans doute, au moment des résolutions belliqueuses du 8 février on avait renoncé à la chimère de faire aboutir le projet de neutralité et de détacher les troupes branswickoises et hessoises: on s'attendait à la réouverture des hostilités au printemps, mais on était loin de croire à une agression immédiate et on se flattuit de regagner pendant la mauvaise saison le temps perdu. Jusqu'à la fin de février, à Versailles on n'eut pas de craintes pour l'armée dont le comte de Clermont venait de prendre le commandement, et on imagina même qu'il trouverait (1) « les moyens de frapper un grand coup avant le départ des 2%,000 hommes destinés à la Bohème. » Une pareille confiance explique l'insouciance avec laquelle Bernis envisage l'échec de la négociation du Hanovre : « À moins qu'elle ne fût jointe à la paix avec l'Angleterre, nous le regardons plutôt comme un inconvénient que comme un avantage. » Pour des esprits dominés par de pareilles illusions Île réveil devait être aussi soudain que pénible: mais n'anticipons pas sur les événements de la campagne de 1758.

Afin de compléter le récit des opérations militaires dont l'Allemagne fut le théâtre pendant l'année 1757, il nous reste à parler de la campagne des Suédois. Leur général Ungern-Sternberg , on se le rappelle, avait, vers le milieu

(1) Bernis à Stainville, 9 février 1738. Affaires Étrangères.

nr nm rit it

EE it

de septembre envahi là Poméranie prussienne avec un corps de plus de 23,000 hommes, et cherché, par l'entremise de l'ambassadeur de Louis NV à Stockholm, à concerter avec Richelieu un coup de main sur Berlin. Un accord qu'il fallait négocier par la voie de Versailles et Stockholm ne pouvait aboutir en temps utile: aussi le genéral suédois, après s'être emparé sans difficulté du fort de Peenemünde, de Schwinemünde et de Pasewalk, et après avoir levé quelques contributions dans l'Uckermark, perdit-il tout le mois d'octobre dans l'inaction: vers la fin de ce mois il avait son quartier-général à Ferdinandshof où il fut rejoint par le commissaire français Montalembert. D'après le rapport de cet officier (1), Sternberg, d'un caractére timoré, ne tenterait aucune opération sans l'assentiment de son gouvernement: à cet effet il avait envové son chef d'état-major, le comte Rosen, prendre des instructions à Stockholm. D'ailleurs, l'insuffisance des équipages, le nombre des malades, l'état des chevaux ne permettaient pas de prolonger la campagne. On avait même décidé de se retirer derrière la Peene et de fortifier Anklam: ainsi appuvé on espérait tenir tête à Lehwaldt dont on avait appris le retour de la Prusse orientale. « Si le roi de Prusse, concluait Montalembert, peut rassembler cet hiver 25,000 hommes pour marcher contre eux, ils courront de grands risques. » Cependant il reconnaissait 2) que l'armée suédoise contenait d'excellents éléments: « les hommes étaient beaux, l'artillerie tres bien servie. » A la fin de novembre, les Suédois étaient établis derrière la Peene où ils comptaient (3) être soutenus par Richelieu, avec lequel la communication venait d'être

(1) Montalembert à Paulmy. Ferdinandshof, le 14 ovni 1757. Archives de la Guerre.

‘?) Montalembert à Paulms. Gripswald, 26 novembre 1757, Archives de la Guerre,

(3, Montalembert à Paulny. Gripswald, 13 décembre 1757. Archives de la Guerre.

ec un * l'en- Im. à erlin.

salles 1SSI le u fort Ik, et mark, la fin dshof 1bert.

in Ca- ARTE IVOVÉ s Inséqui- X ne avait forti- Lehtale.

l'a sntre CONlents tres uen!

enus ‘ètre

hives es de

es de

Page 1