RETRAITE DES SUÉDOIS SOUS STRALSUND
ouverte par un traité d'alliance avec le duc de Mecklembourg. Le ministre français Champeaux avait obtenu (1) le libre passage et la remise de la petite forteresse de Domitz; malheureusement ce succès diplomatique, qui devait coûter cher au malheureux duc, arrivait trop tard. Richelieu, après sa pointe hardie sur Lüneburg et l'Elbe, avait été contraint de reculer jusqu'à Celle. Abandonnés à eux-mêmes, les Suédois n'attendirent pas l'attaque de Lehwaldt et se replièrent jusque sous les murs de Stralsund (2), laissant dans les villes de Demmin et d'Anklam des garnisons qui capitulèrent après une courte résistance ; une partie de leur infanterie s'enferma dans Stralsund, le reste avec la cavalerie passa dans l'ile de Rügen où ils demeurérent bloqués pendant tout l'hiver et une partie du printemps. Les Prussiens, maitres de presque toute la Poméranie suédoise et du Mecklembourg, mirent à profit leur victoire en levant des contributions en hommes, chevaux, fourrage et argent; le Mecklembourg seul eut à supporter un impôt extraordinaire (3) de 800,000 écus d'Allemagne, soit, d'après la valeur de l'époque, environ deux millions et demi de livres, et à fournir #,000 recrues pour l’armée de Frédéric (#:. |
Pour épuiser la série des événements militaires qui eurent pour scène dans le cours de 17*7 le continent de l'Europe ou celui de l’ämérique no svons mentionner l'expédition que les Anglais tent trs le port de Rochefort. On se souvient des inqu - que manifestait Richelieu quelques jours avant la convention de Closter Seven, sur la destination d'une division anglaise qu'on
1) Champeaux au ministre, Schwerin, 3 décembre 1757. Archives de la Guerre. Le traité porte la date du 1‘ décembre.
(2) Montalembert à Paulmy. Stralsund, 3 janvier 1758. Archives de la Guerre. :
(3) Champeaux au ministre, 22 janvier 1758. Archives de la Guerre.
(4) Frédéric à Lehwaldt. Breslau, 7 janvier 1758. Correspondance politique, vol. XVI p. 159.
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savait à bord d'une escadre prète à partir de Chatham, aussitôt les vents devenus favorables. Il eût paru naturel d'envoyer ces troupes au secours du duc de Cumberland qui avait grand besoin de renforts. Il n'en fut rien. Le ‘abinet britannique, sur la vive insistance de Pitt, dirigea le corps embarqué sur Rochefort, avec mission de saisir cette ville et de détruire les arsenaux, les vaisseaux et le matériel qui s'y trouvaient.
L'expédition, composée d'une dizaine de mille hommes de troupes de ligne, commandés par le général sir John Mcrdaunt et escortés C'une flotte imposante sous les ordres de l'amiral sir Edward Hawke, mit à la voile le 8 septembre et arriva en rade de Rochefort le 23 de ce mois. Les Anglais attaquèrent aussitôt l'ile d'Aix dont les fortifications inachevées ne purent résister au feu des vaisseaux; après deux heures de canonnade, la garnison formée de miliciens et d'invalides battit la chamade, et livra possession de l'ile. Le succès de Mordaunt se bornà à ce mince exploit; après de longs conciliabules, et une tentative de débarquement à laquelle les vents contraires firent renoncer, les commandants des forces de terre et de mer se décidérent à abandonner l'entreprise et à retourner à Portsmouth où ils arrivèrent le 3 octobre. L'apparition de la flotte britannique aux abords de l'île d'Oleron avait occasionné une chaude alerte à la cour de France; on fit partir pour Rochefort des bataillons de ligne et de forts détachements de la maison du Roi; pour gagner du temps, ces troupes devaient descendre la Loire en bateau jusqu'à Saumur où elles trouveraient des chariots pour les transporter à destination. Ces mesures furent superflues. M. de Langeron, qui n'avait guère plus de 3,000 hommes réguliers, en distribuant habilement son monde, sut dissimuler son infériorité et en imposer à l'ennemi.
À leur rentrée en Angleterre les chefs de l'expédition
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