ÉCHANGE DE MÉMOIRES SUR LES OPÉRATIONS
de ses États. Cependant, tout en marquant s: ; préférences, il ne se montrerait pas intransigeant ; s’il était impossible « de prendre un arrangement pour la neutralité du Hanovre qui convint au Roi, il fallait que l'Impératrice se déterminât à attaquer aussi cet Électorat; le refus de secours qu'Elle lui avait fait servirait de prétexte. » Kaunitz mit fin à la conversation en annonçant un contre-projet de sa cour.
La réponse autrichienne (1) reproduisait les raisonnements suggérés à Stahremberg (2), ou employés par Kaunitz dans son premier dialogue avec d'Estrées : L'Impératrice, partie principale dans la guerre actuelle, n'avait aucune querelle avec le Hanovre ou la Hesse; la France n'intervenant qu’à titre d'auxiliaire, il ne pouvait être question de voies de fait de sa part contre ces deux États. Ces prémisses posés, on passait à l'examen de l'opération proposée sur le Weser et de la marche éventuelle sur Magdebourg. On y trouvait le grave inconvénient de traverser l'Allemagne du Nord, d’effrayer les cours protestantes, et de leur fournir des arguments pour une ligue des princes luthériens ou réformés. Sans le vouloir, on arriverait à substituer une guerre générale à l'attaque spéciale et particulière qu’on voulait diriger contre le roi le Prusse. On se flattait que « moyennant toutes ces observations, Sa Majesté Très Chrétienne conviendra qu'il faudra se décider pour un autre plan, ou au moins modifier celui dont il s’agit. »
A la critique du projet français succédait l'exposé du contre-projet de la cour de Vienne : Comme mesure préliminaire, on demandait à la France de déclarer qu’elle agissait comme garante du traité de Westphalie, et qu'elle intervenait pour assurer contre le perturba-
(1) Mémoire en réponse à celui du comte d’Estrées, 27 novembre 1756. Affaires Etrangères.
(2) Kaunitz à Stahremberg, 14 novembre 1756. Archives de Vienne.
teur la tranquillité de l'Allemagne. On exigerait « en mème temps un engagement formel de neutralité de l'Électeur de Hanovre, ainsi que de tous les princes dont les troupes :sont subsidiaires, parce que la sûreté nécessaire ne peut se trouver que dans la neutralité accordée et bien cimentée, ou bien dans le cas de la neutralité refusée, qui mettrait les deux cours en droit de ne plus garder aucun ménagement vis-à-vis de l'Électeur de Hanovre. Il faudra donc que Sa Majesté Très Chrétienne se décide avant tout sur ce. point ». Si la France, tout en acceptant le principe de la neutralité, ne voulait pas traiter directement avec l'Électeur, l'Impératrice se chargerait d’être l'intermédiaire.
Dans l'hypothèse du rejet de la première solution, la France réunirait:sur le Rhin une armée d'observation prête à surveiller la Hollande et les princes d'Allemagne « dont les intentions peuvent être douteuses », et ferait marcher « #0,000 hommes, dès le mois de février par la Souabe, le Haut-Palatinat et le Voigtland. » Ces troupes, appuyées par 10,000 Impériaux, se dirigeraient sur la Saxe et donneraient la main aux forces de l’Impératrice eu Bohème. De cette facon, l’armée d'observation tiendrait en respect les Hanovriens et leurs alliés, et « ferait l'effet de la neutralité. Celle de 40,000 hommes, passant par la partie de l'Allemagne indiquée, n'alarmerait personne, serait certaine de ne rencontrer ni obstacles, n1 dangers sur cette route, et arrivée au lieu de sa destination, serait si parfaitement à portée d'être soutenue et secondée par les armées de l’Impératrice, que, les Russes s’avançant en mème temps par la Prusse et la Pologne, il parait que le roi de Prusse se trouverait serré de si près, que vraisemblablement les choses finiraient ainsi promptement et à souhait. » Le contre-projet concluait par une revue de tous les avantages qui découleraient de l’adoption du plan élaboré à Vienne. |
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