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LA FRANCE CONSENT AUX NÉGOCIATIONS AVEC LE HANOVRE

dirigée contre la Bohême, la Sexe ou la Moravie. Mais à l'égard de la neutralité du Hanovre, c'est une grande question de savoir si, avec certaines conditions indispensables à demander, il faudrait la rejeter. Vous comprenez bien qu'en ce cas il n’y aurait plus à craindre la ligue protestante: la neutralité de la Hollande et du Danemark serait assurée solidement. Si, au contraire, Hanovre est sttaqué, le roi de Prusse sera assisté puissamment par le parti protestant, et si ceci tourne en guerre de religion, nous en avons pour dix ans au moins. »

Quel que füt le motif de ce revirement d'opinion, Bernis put notifier le consentement officiel de sa cour av principe de la neutralité du Hanovre. « La France, était-il dit (1), n’avait proposé de passer en ennemie sur le territoire de Hanovre que parce qu'elle supposait avec raison que le roi d'Angleterre, en vertu de ses liaisons et de

.ses traités avec la cour de Berlin, prendrait directement

on indirectement le parti de l'agresseur, et cette opinion parait de plus en ;:lus confirmée par les faits. »

A l'appui, on citait la rentrée annoncée des Hanovriens et Hessois qui étaient cantonnés eri Angleterre, la réponse du roi George à la demande de secours formulée par l’Autriche, enfin :e langage tenu par ce souverain dans son dernier message au Parlement. « Toutes ces circonstances ne pouvaient que fortifier le plan de guerre proposé à Leurs Majestés Impériales par le conte d’Estrées, et le Roi ne saurait dissimuler à ces dites Majestés qu'il est bien à craindre que leur ménagement en faveur de l'Électeur de Hanovre et de ses alliés, ne tourne tôt ou tard au désavantage de la cause commune... Cependant le Roi, se souvenant de sa double qualité d’auxiliaire de l’Impératrice et de garant des traités de Westphalie, tenant d’ailleurs

(1) No’e remise à Stahremberg. Annexe à sa déj êche du 1% décembre 1756 Archives de Vienne.

compte des objections développées par ia cour de Vienne, consentait à sacrifier le droit qu'il a d'exercer une juste vengeance contre les États du roi d'Angleterre, Électeur de Hanovre. » On était donc prèt à faire à la diète de l’'Empire la déclaration que sollicitait la cour de Vienne, et à admettre la neutralité du Hanovre, sous la réserve que la France resterait officiellement étrangère aux pourparlers engagés dans ce but. « Si cette proposition est acceptée, le roi de Prusse est le seul ennemi qui nous reste à combattre; si, au contraire, elle est refusée, il n’v aura plus désormais de ménagement à garder avec l'Électeur de Hanovre et ses alliés. Ainsi, des deux plans proposés dans le mémoire remis à Vienne au comte d’Éstrées, le Roi adopte sans difficulté celui qui concerne la neutralité de Hanovre ct de ses alliés, aux conditions ci-dessus établies. »

Quant à la seconde partie du contre-projet autrichien, ,

c'est-à-dire l'envoi de #0,000 Français en Saxe par le Voigtland, on le repoussait pour des raisons d'ordre militaire. Par contre, la cour de Versailles offrait : 1° de faire marcher sur la Bohème, vers le milieu de mars, le corps de 23,000 hommes promis par le traité de Versailles ; 2 d’assembler sur le Bas-Rhin une armée de 66,000 hommes qui agirait d’après les stipulations de la convention secrète à signer; 3° de joindre à l’armée princip:le 20,000 hommes des troupes subsidiaires de l'Empire.

Le mémoire francais se terminait en exprimani l'espoir que Leurs Majestés Impériales seraient satisfaites d’un «arrangement, dans lequel le Roi n’x consulté que ce qui pouvait être le plus agréable et le plus utile à Leurs Majestés. La confiance qu'il a en leurs lumières l'empêche de faire aucune réflexion, sur les'inconvénients et les déleis que des ménagements déplacés, pour l'Électeur de Hanovre et ses alliés, peuvent apporter au succès et à la suite des opérations militaires de la guerre présente. »

Kauni faires (2)

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