RESCRIT IMPÉRIAL RELATIF AU TRAITÉE
posait pas à la restriction de l'engagement à quatre ans.
Sur la date de la cession des Pays-Bas on se montrait inflexible; l'entrée en possession de Sa Majesté Très Chrétienne et de l'Infant n'aurait lieu qu'à la suite du traité de paix sanctionnant les nouveaux arrangements territoriaux, et après un délai qu'on essaierait de prolonger le plus possible, mais qui ne serait pas inférieur à deux mois. On ne consentirait à laisser Ostende et Nieuport entre les mains de la France que jusqu'à la pacification générale, mais on subirait à la rigueur le remboursement de la moitié des subventions en cas de non réussite, et on se résignerait à laisser Luxembourg comme gage de la dette.
Ces concessions ne furent pas les dernières. Quelques jours après l'envoi du rescrit impérial, Marie-Thérèse autorisa son ambassadeur à se contenter de l'acquisition de la Silésie et de Glatz comme condition préalable de la cession des Pays-Bas, et à abandonner par conséquent les revendications ultérieures sur lesquelles Stahremberg avait eu ordre d'insister.
L'attitude conciliante de l'Autriche s’expliquait par l'impression qu'avaient produite 4 Vienne des bruits de tentatives pacifiques, faites auprès du cabinet de Saint- James.
À ce moment, la confiance mutuelle des alliés était des plus limitée; car si les conseillers de Sa Majesté Très Chrétienne, à propos du traité de l'accession de la Russie, accusaient l’Impératrice d'avoir voulu jouer leur maitre, Marie-Thérèse et son représentant s'émotionnaient d'un essai de rapprochement entre l'Angleterre et la France (1),
(1) Par l'entremise d'un homme d'État hollaudais, M. de Slingelandt, des pourparlers eurent lieu à La Haye en février 1757 entre M. d'Affry et le ministre anglais le colonel Yorke; elles n'eurent aucun résultat pratique et se bornèrent à un échange de déclarations pacifiques d'un caractère des plus vagues. — Holdernesse à Yorke, 8 février 1757. — Yorke à Holdernesse, 18 février 1757. Newcastle Papers.
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dont M. d'Affry, ministre francais à La Haye, aurait été l'intermédiaire. Stahremberg avait, il est vrai, pris sur lui de démentir ce racontar venu pur la voie de l'Espagne. L'abbé de Bernis à qui il en avait parlé lui avait tenu un langage des plus nets (1) : « Je vous assure que cela n'est vus. L'Angleterre elle-même ne veut point la paix cette année-ci; elle se promet de grands succès en Amérique et espère se procurer par là une paix plus avantageuse que celle qu'elle pourrait obtenir à présent. »
Rassuré par cette déclaration dont la franchise contrastait avec les réticences de Rouillé, l'ambassadeur reprit confiance en une prompte conclusion du traité, en dépit des troubles intérieurs du royaume et des embarras financiers qui en étaient le contre-coup.
Vers le milieu de mars, et après la réception du rescrit impérial, les conférences sur les articles de la convention secrète recommencèrent avec Bernis. À en croire Stahremberg, redevenu optimiste, il ne faudrait pas plus de quinze jours à trois semaines (2) pour mettre sur pied le grand ouvrage. En attendant, les mouvements de troupes et les préparatifs militaires étaient conduits avec une activité qui n'eût pu être dépassée après l'achèvement de l'acte diplomatique. Ces heureux résultats étaient dus sans doute à l’arrivée de d’Estrées, revenu depuis peu de Vienne, et à la reprise par Bernis de son rôle de négociateur.
On consacra le mois d’*vril aux dernières discussions. Seul Rouillé, peu édifié :ar les avantages du nouveau système, et toujours méfiant à l'égard des vues secrètes de l'Impératrice, souleva des objections de fond et de forme. Belleisle était plus que jamais chaud partisan de l'alliance; Saint Florentin continuait à se désintéresser ; quant aux nouveaux ministres, Paulmy et Moras, ils étaient trop disposés à s’en rapporter à Bernis qu'ils savaient in-
(1) Stahremberg à Kaunitz, 15 mars 1757. Archives de Vienne. (2) Stahremberg à Kaunitz, 29 mars 1757. Archives de Vienne.
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