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SUCCÈS DIPLOMATIQUE DE STAHREMBERG

avait voulu limiter à une période de quatre ans, devaient durer jusqu’à la fin des hostilités; il n’était plus prévu de remboursement quelconque ; enfin, grâce au report de la première échéance au 1° mars, l'Autriche gagnait presque 3 millions de florins. D'autre part les cessions de territoires accordés au Roi Très Chrétien et à l’Infant son gendre, étaient subordonnées, non au recouvrement de la Silésie et du comté de Glatz, comme l'avait accepté en dernier lieu l’Impératrice, mais bien à l'entrée en jouissance de toutes les conquêtes que revendiquait l'Autriche.

A la cour de France, trop disposée à oublier les dangers de ‘avenir pour les satisfactions du présent, on se montra enchanté de la conclusion de la négociation; ce sentiment, très manifeste chez Louis XV, se traduisit par l’octroi à Stahremberg, dès le lendemain de l'échange des signatures, d’une tabatière ornée de diamants avec portrait du monarque, que l’heureux donataire estima (1) à une valeur de 1,000 louis.

Certes, le diplomate habile auquel Marie-Thérèse avait confié la défense de ses intérêts, avait droit à tous les éloges; il avait acquis pour sa souveraine, au prix d’un minimum de concessions, le concours militaire et financier de la puissance qui passait pour la plus grande de l'Europe. La France, retenue dans les mailles d’un traité dont elle ne pourrait plus se dépêtrer, jetait, dans une querelle à laquelle elle n’était que très indirectement mèlée, le poids des forces vives de la nation; elle échangeait les avantages que lui aurait valus sa position de spectatrice bienveillante, de simple au iliaire, contre les risques qu entraine le r'le de belligérant actif.

Que dire ds hommes d’État, de l’abbé de Bernis, éditeur attitré de l'alliance offensive, du maréchal de Belleisle son collal rrateur dévoué, des financiers, Moras et

(1) Stahremberg à Kaunitz, 3 mai 1757. Archives de Vienne.

Montmartel qui donnèrent leur assentiment aux arrangements consentis? On ne saurait invoquer en leur faveur l'ignorance et l’inexpérience des affaires dont pourrait se couvrir la mémoire de Louis XV et de sa favorite. Ils crurent sans doute à des succès dont la rapidité atténuerait le coût; mais la légèreté avec laquelle is mirent en jeu toutes les ressources de la France, ne peut qu'aggraver leur part de responsabilité dans les événements de cette époque néfaste.

Une courte expérience vint bientôt démontrer que les charges assumées dépassaient l'effort dont le pays était capable ; les promesses faites avec tant d’insouciance ne purent être tenues. Louis XV donna à l'Europe le triste spectacle d’un gouvernement réduit à plaider l’excuse de son impuissance pour justifier le manquement à sa parole, à dévoiler sa propre décadence pour obtenir la remise des engagements contractés.

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