OPINIONS DE NEWCASTLE
impressions et d'une conversation qu'il vient d'avoir avec son monarque. Il estyne que la France interviendra conme médiatrice entre la Prusse et l'Autriche et que la paix s ensuivra ; l'Angleterre doit y participer; dans ce but, il faut dès à présent resserrer les liens de l'alliance avec Frédéric et lui promettre un concours efficace pour le cas où les hostilités continueraient. « J'ai trouvé le Roiï (1) tout d'abord enchanté de la victoire, müuis en causant il a tenu des propos qui ne me plaisent guère : forte crainte des agrandissements probables de la puissance du roi de Prusse, désir d'obtenir des avantages équivalents aux acquisitions de territoires que la guerre pourrait procurer à ce monarque; en résumé on a été jusqu'à dire que les affaires pourraient se gâter, au point qu'il (George) serait amené à solliciter le secours de la France contre le roi de Prusse dans les affaires de l'Empire. » Le due de Cumberland, au contraire se déclare partisan convaineu de l'entente : « Si le roi de Prusse est avec nous, il est bien plus capable de nous aider que la maison d'Autriche; avec Sa Majesté prussienne nous pourrons lutter contre la reine de Hongrie, la France, la Russie, et avec le temps nous arriverons à nos fins en Amérique. » Le lendemain, c'est Mitchell (2, que le premier ministre entretient de ses idées sur la conduite à tenir avec Frédéric. Après les lieux communs sur la nécessité de l'union entre alliés, il aborde les plans d'avenir : «Je vous prie de découvrir les vues et les tendances du roi de Prusse. Qu’attend-il du Roi, et que veut-il et peutil faire de son côté? Car il ne suffira pas à Sa Majesté prussienne de prétendre que tout son temps est occupé à combattre la reine de Hongrie; c'est lui qui l’a voulu ainsi et qui à agi en conséquence. L'obligation d'aider le Roi à empêcher l'entrée d'une armée francaise en Allemagne
(1) Newcastle à Hardwicke, 11 octobre 1756. Newcast le Papers. (2) Neweastte à Mitchell, 12 octobre 1756. Newcastle Papers.
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tient toujours, et on ne peut pas admettre que tout le poids de l'effort à faire retombe sur notre Roi tout seul... La France prendra certainement l’un des partis suivants : ou elle négociera la paix pour le roi de Prusse avec la reine de Hongrie, ou elle soutiendra cette dermére « totis viribus ». La première hypothèse serait la bienvepue si nous pouvions y être compris. Ce devra être l'affaire du roi de Prusse, et vous aurez soin de le lui insinuer au moment opportun. Si c'est la seconde alternative qui se réalise, nous aurons à supporter notre part du fardeau avec vigueur et avec entrain. »
Un post-scriptum nous montre le ministre anglais, conformément à ses traditions, en échange de bons procédés avec Frédéric : « Veuillez me mettre aux pieds de Sa Majesté prussienne, et à l'occasion la remercier de son cadeau de graines de melon, »
Cette le tre et une dépèche sans importance de Holdernesse (1), postérieure de quelques jours, iurent les dernitres que recut Mitchell du cabinet Newcastle. Pendant plus d'un mois il resta sans instructions du Foreign Office, au grand mécontentement de Frédéric qui se plaignit amèrement de l'instabilité ministérielle et de son contre-coup sur les relations extérieures. La crise si longtemps menacante venait d'éclater : Fox, l'un des secrétaires d'État pour les Affaires Etrangères, et principal organe du gouvernement à la Chambre des Communes, annonça brusquement son intention de se démettre de ses fonctions. Il fit part de sa retraite par écrit au Président du conseil, et alla l’annoncer en personne à Lady Yarmouth, qui, en sa qualité de maitresse attitrée, exercait une grande influence sur le vieux roi. Newcastle n'aimait pas Fox à cause du peu d'égards que ce dernier lui témoignait, et se souciait médiocrement de le conserver dans le cabinet, mais était fort
(t) Holdernesse à Mitchell, 19 octobre 1756. Mitchell Papers.
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