CONFLIT ENTRE MITCHELL ET LA RÉGENCE DU HANOVRE
pour la vieille alliance avec la maison d'Autriche, et étaient tout disposés à écouter les avances conciliantes qui leur viendraient de Vienne. De là cette contradiction constante entre le ton de Londres et celui de Hanovre. entre les promesses officielles du roi, soufflées par ses conseillers britanniques, et les procédés dilatoires des autorités électorales.
Le conflit qui devait résulter de cette dualité dans la direction, surgit à propos du traité avec le Brunswick. Déjà le général de Schmettau s'était plaint en termes vifs de la nonchalance et de l’inertie du cabinet hanovrien. Ce fut pis encore quand Mitchell, envoyé par le gouvernement anglais pour faire aboutir la convention, s'aboucha avec le Président et ses collègues. « Je suis obligé, mandet-il (1), de faire remarquer à Votre Seigneurie que j'ai trouvé de la part des ministres à Hanovre une réserve qui m'a fort découragé, et que je ne savais à quelle cause attribuer. J'ai pensé en conséquence qu’elle provenait du mécontentement qu'ils avaient éprouvé d'une mission qui leur enlevait la conduite de la négociation. Mais je crains qu'il n'y ait un autre motif d'une nature bien différente. Je recois des lettres de Dresde, de Pétersbourg et de Varsovie, où on me cite des racontars autrichiens, d'après lesquels l'Impératrice-Reine aurait imaginé de détacher le Roi de son alliance avec la Prusse, en lui offrant la neutralité pour le Hanovre... Je ne veux pas me permettre de croire que les ministres hanovriens de Sa Majesté aien fourni matière à ces récits, quoiqu'on n'en ait pas fait secret dans plusieurs des cours catholiques de l'Allemagne. Mais cette affaire exige une explication immédiate, faute de quoi elle pourrait entrainer les conséquences les plus graves. C'est pourquoi j'ai cru de mon devoir d'en parler à Votre Seigneurie pour qu'un lémenti authentique
1) M'chell à Holdernesse, Brunswick, le 8 février 1757, Mitchell Papers.
vienne sans retard effacer jusqu'au soupcon de tels pourparlers. »
Malheureusement, le démenti que Mitchell sollicitait avec tant d'énergie était impossible, pour l'excellente raison que des ouvertures avaient été faites à Vienne, à Paris et à Londres, au sujet de la neutralité du Hanovre, et qu'elles venaient de se traduire à la cour de Saint-lames par une proposition directe du gouvernement autrichien Cette question était pendante depuis longtemps; elle avait fait l'objet d'entretiens entre Kaunitz et Steinberg, le ministre hanovrien accrédité à la cour de Vienne: elle avait joué un rôle important dans les discussions militaires sur les projets de campagne des armées de France et d'Autriche; elle avait été soulevée à plusieurs reprises entre Stahremberg et les membres du cabinet de Louis XV: elle mérite donc des développements, d'autant plus nécessaires qu ils jetteront quelque jour sur les vues intimes de l'Impératrice et sur la politique vacillante du Roi-Électeur George IE.
Dès ses premiers entretiens avec Kaunitz, nous avons vu le comte d'Estrées se heurter au désir manifeste de ménacer le Hanovre. On craignait à Vienne une action commune des princes protestants du nord de l'Allemagne, action qu'on espérait éviter en les désintéressant du conflit; d'autre part, on n’entendait pas laisser la France se dégaer de la lutte contre la Prusse pour courir sus à des adversaires qu'on n'avait aucun motif de se mettre sur les bras. À Versailles les desseins étaient tout autres: on ne voulait pas distinguer entre Sa Majesté britannique et Son Altesse électorale; le pays de Hanovre, dont la conquète était relativement facile, semblait tout indiqué comme gage pour les avantages à tirer de la paix prochaine, comme garantie contre les pertes que l'on pourrait essuyer sur mer et en Amérique.
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(1) SU par Hass p. 26%.