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ENTREVUE DE COLLOREDO AVEC MUNCHHAUSEN

son ennemi. » Malgré la mauvaise impression ainsi produite, l'Impératrice, « mue par l'intérèt qu'elle prend à la tranquillité de l'Allemagne et le désir sincère de ne point étendre la guerre », proposait au roi George « de s'engager par une convention formelle d2 neutralité, et de la manière la plus obligatoire, à ne donner en qualité d'Electeur aucun secours quelconque, ni en argent, ni en troupes, ni directement, ni indirectement ou de quelque manière que ce soit, ri au roi de Prusse ni à ses adhérents contre Sa Majesté l'Impératrice et contre ses alliés, pendant tout le cours de la guerre qui existe actuellement; d'accorder à l’Impératrice et à ses alliés toutes les suretés, facilités, ou conditions justes et raisonnables qui doivent être une suite de cet engagement; et de consentir qu'il soit garanti par les puissances que l’on jugera à propos de requérir pour cet effet, l'Impératrice s'offrant en ce cas à un engagement réciproque et à répondre de ses alliés. »

Au sein de la régence du Hanovre, l'ouverture de la cour de Vienne reçut un excellent accueil; quelque vague que füt le langage tenu, on se félicita de l’initiative prise, on se reprit à espérer, on crut à la possibilité d'éviter l'invasion, et on ajourna les préparatifs militaires promis à Schmettau. A Londres l'affaire prit une tournure bien moins favorable. Aussitôt muni de ses instructions, Colloredo se mitenrapport avec Münchhausen ; tant qu’on s’en tint aux généralités, tout alla pour le mieux, mais il n’en fut pas de même quand il fallut préciser les conditions de la neutralité. L'Autrichien dut mettre sur le tapis le droit de passage qui serait invoqué pour le corps français destiné à renforcer les armées de Marie-Thérèse. Cette demande, qui rappelait le « transitus innoxius » réclamé par Frédéric lors de son entrée en Saxe, ne laissait pas de réveiller le souvenir du traitement infligé à £e pays par les Prussiens, ct de suggérer des vexations pareilles de la part des

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Francais aux dépens du Hanovre. Aussi Miünchhausen

EUR répliqua-t-il (1) qu'une exigence de ce genre, dont il n’a- ou (AE RI vait pas été question entre Kaunitz et Steinberg, était inac- me EE ss ceptable; les Francais, une fois établis dans l'Électorat, pr RECETTE inventeraient bien une excuse pour y rester, et quelle que lon } | fût la bonne volonté de la cour de Vienne, elle aurait beau- Müt | vo coup de peine à les en faire sortir. Lors d’une entrevue po |} ultérieure, le ministre hanovrien lut à son interlocuteur mê | la réponse de son souverain : Le roi George signalait les ‘ de [ périls d'une intervention de Louis XV en Allemagne, et Con: | sous couleur de pourvoir à la sécurité de ses États, re- | tent | poussait toute convention qui ne contiendrait pas des ga- au | ranties contre la marche d’une armée française à travers, | neul | ou à proximité de son Électorat. D'après Colloredo, le par ministre hanovrien et même ses collègues anglais pen- entr chaïent pour le principe de la neutralité; mais il serait tre | presque impossible de trouver des conditions présentant coilè | à leurs yeux des sauvegardes suffisantes contre les procé- Geor dés à craindre de la France. gocié Dans une seconde dépèche (2), écrite en francais et Cons datée également du # février, l'ambassadeur de Marie- tion, Thérèse avoue que le refus de livrer passage « res- pièce r semble, en partie du moins, au prétexte pour rendre la L été f: chose difficile à la France, l'en dégoûter, et sauver le « Vou roi de Prusse d’un côté, quoique je ne dote nullement de Sa qu'on ne préfère l'intérêt de l'Électeur de Hanovre à celui mode de l'Électeur de Brandebourg. » Il ajoute : « Le ministère comp anglais a certainement eu part dans la réponse prompte laisse qu'on m'a donnée, et il ne parait pas qu'il soit porté à mettr : la modération. Depuis ma dernière dépèche je n'en ai vu guerr | | aucun; 1l est inutile d'aller chez M. Holdernesse qui fait comm toujours le fier et le fin. J'irai cependant demain chez D ; M. Granville pour voir s’il m'en dira quelque chose. » @) He kf bar, (1) Colloredo à Kaunitz, 4 février 1757. Archives de Vienne. es

(2) Colloredo à Kaunitz, 4 février 1757. Archives de Vienne. (3) Ho

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