COMMUNICATION DES NÉGOCIATIONS A FRÉDÉRIC
Aïnsi que le pensait Colloredo, le cabinet britannique, ou tout au moins Holdernesse qui avait dans son départcment les affaires d'Allemagne, avait été informé de la proposition autrichienne. Le 4 février, il en parle au colonel Yorke (1) à La Haye; d'après lui, le projet exposé à Münchhausen faisait partie du plan imaginé par l'Autriche pour détourner l'Angleterre de l’alliince prussienne ; au même ordre d'idées se rattachaient des propos du comte de Rosenberg, représentant de l'Impératrice à Madrid, conseillant une médiation de l'Espagne pour rétablir l’entente entre les cours de Vienne et de Londres, et une note au grand chancelier Bestushew à Williams visant la neutralité du Hanovre, qu'on croyait avoir été inspirée par Esterhazy. Enfin il y avait une coïncidence étrange entre ce langage pacifique et les avances que le ministre français, M. d’Affry, paraissait vouloir faire à son coilègue anglais de La Haye. Quoi qu'il en fût, le roi George se décida à mettre son neveu au courant de la négociation au sujet du Hanovre, et donna des ordres en conséquence à la régence. Se conformant à cette injonction, le Président Münchhausen (2) transmit à Berlin la pièce apportée par Colloredo et la réponse qui lui avait été faite. De son côté Holdernesse écrivit à Mitchell (3) : « Vous déclarerez au roi de Prusse que la ferme résolution de Sa Majesté est de n’accepter aucunes mesures d’accommodement, à moins que Sa Majesté prussienne n’y soit comprise. Le Roi en outre est bien déterminé à ne pas se laisser amuser par des propositions insidieuses, ou de permettre qu’on le détourne de la poursuite vigoureuse de la guerre par des offres séduisantes quelconques. Sa Majesté communiquera sans retard et fidèlement au roi de Prusse
(1) Holdernesse à Yorke, 4 février 1757. Mitchell Papers. British Museum.
(2) Président Münchhausen à Podewils, 13 février 1757. Correspondance politique, vol. XIV, p. 278.
(3) Holdernesse à Mitchell, 8 février 1757. Mitchell Papers.
. M toute mesure prise dans une affaire de si grande impor- ri M le tance pour la cause commune. » tro:
fl Ce fier langage arrivait à point pour rassurer Frédéric ha: pl 4 et l'envoyé Mitchell, aussi émus l’un que l’autre de la résis- ava AE EU tance des autorités hanovriennes aux mesures militaires ses, ILE it recommandées par le général Schmettau, et de l'opposi- les dre, tion latente que rencontrait la conclusion de la convention bar. fl | | avec le duc de Brunswick. rest.
| Sur ces entrefaites, }es avis de Londres vinrent confir- tran ° | Fe 9] mer les déclarations de loyauté à l'alliance dont les mi- se t nistres anglais avaient été jusqu'alors si prodigues, sans y men | ajouter toutefois les sanctions pratiques que réclamait leur fron | allié. Dès le commencement des hostilités, et à plusieurs vec reprises depuis la fin de la campagne d'automne, Frédéric | qu'ei avait insisté pour la prompte concentration, dans le nord , fin, « de l'Allemagne, de l’armée d'observation. À cet effet il Po - | avait demandé à son oncle de rapatrier les Hanovriens et à larg: Hessois à la solde anglaise, et de passer des traités de s'adr subsides avec les princes protestants de l'Allemagne. Jus- senté qu'alors le ro! üeorge, influencé par les craintes de ses parla . ministres électoraux, leurré de l'espoir d'obtenir un traité extra. | rare avantageux pour ses possessions continentales, n'avait pris tifs d aucune disposition pour le rassemblement de ses forces. mena k ER Les préparatifs français pour envahir l'Empire, les con- tifs de ) id ditions auxquelles l’Autriche entendait subordonner la disiter garantie de neutralité, les instances du roi de Prusse, jesté, Fe déterminèrent Sa Majesté britannique à prendre parti. Majest On résolut, tout en continuant à Vienne les pourpar- fidèles lers entamés, de réunir un corps de #0,000 hommes, des- lemen Je tiné à protéger le Hanovre et les États voisins contre une pour ] res agression française. Dans une conversation relatée par la met (pire M. de Zührern (1), représentant de l'Empereur à Londres, de Pr v Münchbausen n'avait pas dissimulé les réserves catégo- d’arm
His 4 (1) Zührern à Kaunitz, 14 février 1757. Archives de Vienne, (1) Me