‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 86 sur 385 · MESSAGE DU ROI GEORGE AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

MESSAGE DU ROI GEORGE AU PARLEMENT

riques de son souverain : « Ayant cu l'honneur de me trouver, avant-hier samedi, à la toilette de M"° de Münchhausen, parmi des ministres étrangers, et l’un d'eux ayant avancé que les 24,000 hommes de troupes françaises, stipulées par le traité de Versailles, passeraient par les États d'Allemagne du roi de la Grande-Bretagne, M. le baron de Münchhausen prit la parole, disant qu'il lui restait encore de l'espérance « sur la conservation de la tranquillité en ce quartier-là; que l’armée d'observation se trouverait formée dans les États de Hanovre au commencement du mois d'avril; qu’elle ne sortirait pas des frontières; qu’elle ne laisserait cependant passer ni dans ces États, ni près de ces États, des troupes de France; qu'en tous cas ces troupes trouveraient à qui parler; qu’enfin, si elles passaient ailleurs, il n’y avait rien à dire. » Pour l'organisation et l’entretien de l’armée, il fallait de l'argent. George II, fidèle à ses traditions écononuques, s'adressa à ses sujets britanniques. Dans un message présenté au Parlement le 18 février (1), Sa Majesté, tout en parlant de sa « répugnance » à demander des subsides extraordinaires, citait « l'union des conseils et les préparatifs de la France et de ses alliés » comme constituant une menace pour toute l’Europe. « Ces très injustes et vindicatifs desseins, ajoutait-Elle, sont particulièrement et immédiatement dirigés contre les États de l'Électorat de Sa Majesté, et contre ceux du roi de Prusse, son bon allié. Sa Majesté se confie au zèle expérirasnté et à l’affection de ses fidèles communes; Elle espère qu'elles l’assisteront cordialement à former et maintenir une armée d'observation pour la défense juste et nécessaire de ses États, et qu’elles la mettront en état de remplir ses engagements avec le roi de Prusse, pour protéger l’Empire contre les incursions d'armées étrangères, et pour soutenir la cause commune. »

(1) Message du Roi au Parlement, 18 février 1757.

En réponse à cet appel, les Chambres s'empressèrent d'accorder un crédit de 206,000 livres sterling, somme qui parut bien modique, s’il faut en croire l'appréciation de l'un des intéressés, le duc de Brunswick (1).

Malgré ce vote, et en dépit de la confidence faite à Berlin par la régence de Hanovre, le bruit courait avec persistance que les négociations continuaient entre Lendres et Vienne, et qu’elles étaient appuyées par le Danemark et la Russie. Les reporters diplomatiques du dix-huitième siècle ne se trompaient pas. Sans doute le ton du message n'était guère conciliant à l’égard de l'Autriche, mais on l'expliquait (2) par la nécessité pour le Roi de flatter l'opinion anglaise, très favorable à la Prusse. Entre temps, Colloredo avait envoyé à Kaunitz, et transmis à son collègue Stahremberg, le résumé de ses entretiens avec Münchhausen. L'’ambassadeur à la cour de Louis XV, selon ses habitudes d'initiative intelligente, ne perdit pas de temps à attendre des instructions, mais rédigea (3), pour l'édification du cabinet français, une analyse des conversations de Londres et des suites importantes qu’elles venaient d’avoir à Vienne.

La cour d'Autriche avait en effet recu communication, par l'entremise de Steinberg, de la note dont Münchhausen avait donné lecture à Colloredo. Ce document (4) n’était qu'une longue diatribe contre les agissements de la France. « Des exemples, y était-il dit, récents et connus de toute la terre, doivent rappeler au souvenir de Sa Majesté impériale-royale qu’on ne peut mettre aucune confiance dans les promesses les plus sacrées de la couronne de France,

(1) Brunswick à Frédéric, 28 février 1757. Correspondance politique, vol. XIV, p. 338.

(2; Colloredo à Kaunitz, 22 février 1757. Archives de Vienne.

(3) Note confidentielle remise par Stahremberg à Rouillé, le 9 mars 1757, Archives de Vienne.

(4) Mémoire de l’Électeur de Hanovre remis par Steinberg, le 20 février 1757, Parallèle de la conduite du roi. Paris 1758.

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