CONDITIONS LAISSÉES PAR STEINBERG
quand on aurait mème sacrifié des provinces considérables pour obtenir ces promesses... Sa Majesté (britannique) craint que, malgré la parole que lui aurait donnée la France de ne point inquiéter les possessions de Sa Majesté en Allemagne, cette couronne, aussitôt qu'elle se verra tout pouvoir dans l'Empire, et qu’elle sera établie dans le voisinage des possessions de Sa Majesté, ne retire sa promesse et n'entre en ennemie sur les terres en question; et cela dans un temps où il serait impossible à Sa Majesté l'Impératrice-Reine de s’y opposer, quelque envie qu'elle en pût avoir. » Le roi George demandait en conséquence les détails les plus précis sur l'interprétation de la neutralité; et « quelle sûreté on à intention de donner en pareil cas. »
Le chancelier, un peu blasé sur les procédés et sur le langage de la diplomatie anglaise, ne s'était attaché qu'aux conclusions de la pièce qui laissaient encore la porte ouverte à de nouveaux pourparlers; il avait arraché à Steinberg (1) l’aveu « qu'il avait ordre de sa cour de déclarer que le Roi son maitre était prêt à accepter une convention de neutralité aux trois conditions suivantes : {1° L'on n'insisterait pas sur le passage des troupes de Su Majesté Très Chrétienne par le territoire de l'Électorat de Hanovre. 2 L'Électeur ne serait point obligé de prendre aucune part à la guerre contre le roi de Prusse. 3° La cour impériale lui donnerait les sûretés suffisantes de l'exacte observation de tous les articles à stipuler par le traité. »
On se trouvait ainsi saisi de propositions fermes de la part du gouvernement hanovrien. Ce renseignement était des plus importants; en le transmettant au cabinet francais, Stahremberg crut devoir le compléter par ses propres déductions : il fit observer que la négociation n'avait été
(1) L'entrevue entre Kaunitz et Steinberg eut lieu le 20 février 1757. Hassell, p. 280.