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communiquée qu'à deux des ministres anglais, et à titre confidentiel ; de ce fait, et des divergences relevées entre les dires de Münchhausen et ceux de Steinberg, il conjecturait « que le ministère hanovrien désire la neutralité, au ic” que le ministère britannique souhaiterait que la guerre püt s'étendre davantage sur le continent... Si cette conjecture est fondée, concluait-il, il s'ensuivrait que la neutralité pourrait encore avoir lieu dès que le ministère de Hanovre, délivré d’ailleurs de la crainte du passage des troupes françaises, croirait en avoir assez fait pour sauver les apparences, et se mettre à l'abri des reproches de l'Angleterre et du ressentiment de la Prusse. »
La perspicacité de l’envoyé de Marie-Thérèse n'était pas en défaut. Pendant qu’on discutait à Paris, on élaborait à Hanovre un projet de convention dont le résumé fut transmis sur l’ordre du roi George à Berlin, où il est presque superflu d'ajouter qu’il excita l’indignation la plus vive de Frédéric. Dans ce projet, expédié par le président Münchhausen (1) à la date du 23 mars, on proposait d'étendre la neutralité à la Hesse, au Brunswick et à tous les États allemands qui avaient refusé de se prononcer contre la Prusse; on invitait l'Empereur à se désister de la demande du contingent qu'on était en droit de leur faire, à renoncer aux garanties et facilités de ravitaillement dont il avait été question à Londres, enfin à s'entendre sur une ligne de démarcation au-delà de laquelle les troupes françaises et autrichiennes ne pourraient pas pénétrer.
Il est présumable que sur ces bases, qui se rapprochaient des idées soutenues par Steinberg, le roi George et l’Impératrice se seraient mis d'accord; mais la cour de Vienne ne pouvait agir sans l’assentiment de la France, et ce fut de ce côté que vinrent les objections.
(1) Correspondance politique, XIV, 433.
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