‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 93 sur 385 · COLÈRE DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

COLÈRE DE FRÉDÉRIC

a donné tant de marques éclatantes pendant son règne glorieux. »

Nouvelles récriminations adressées à Mitchell le 16 mars : Frédéric souhaite la nomination du duc de Cumberland au commandement de l’armée d'observation, et estime que ce prince seul peut en imposer aux autorités électorales. Enfin, le 29 mars, on recut au quartier-général la communication que le président Münchhausen venait de faire, par ordre de son souverain, de la négociation en cours à Vienne au sujet de la neutralité du Hanovre, et des bases sur lesquelles on croyait possible de traiter (1). Le texte du projet était accompagné d’un long exposé des motifs qui militaient en faveur d'une solution de ce genre.

Le commentaire que fit Frédéric de (2) cette étrange consultation est caractéristique. Au sentiment de colère qu’il éprouve à la pensée de la désertion dont il peut être victime, se mêle une note de mépris pour les pauvres gens qui se laissent jouer. « Une telle démarche, de la part du Hanovre ou de l'Angleterre, serait la plus grande trahison d'un allié », s'écrie-t-il tout d’abord; mais il abandonne bien vite le point de vue moral pour démontrer les dangers de la mesure. « Je ne serais jamais contraire à des propositions raisonnables pour convenir d’une paix honorable pour l'Angleterre et pour moi, mais qu'une neutralité pour l’Hanovre et les princes allemands qui s’y étaient attachés, n’était rien autre au fond que de prêter librement le col au joug et à l'esclavage que les ennemis voudraient imposer à l'Angleterre et à tout l'Empire; qu'on n’en obtiendrait plus que le bénéfice momentané de Polyphème .. Mais le grand mal qui arriverait de tout ce chipotage, seraït que le ministère d'Hanovre se laisse-

(1) Voir plus haut le résumé de ce projet.

(2) Frédéric à Podewils, 29 mars 1757. Correspondance pr tique, vol, XIV, p. 433.

rait amuser par ces faux-fuyants, pour perdre le précieux

jh Mn: temps de faire de bons préparatifs pour sa défense et p EE La pour montrer les dents à ses ennemis qui en voulaient à gi | MO. l'Hanovre ». n.

EL tie 2 Malgré le souci que lui donnaient en ce moment ses d |} Se préparatifs pour l'invasion de la Bohème, Frédéric trouva co EU le loisir d'écrire à Mitchell une lettre (1) qui troubla pro- ré | HA “| fondément ce dernier. Dans l'audience qui suivit, Fré- l'a NA déric se montra très affecté des affaires du Hanovre, et déclara qu'il ne reprendrait confiance dans leur direction de que quand il verrait le duc de Cumberland à la tête de ba LAN l'armée d'observation. Fort heureusement pour le maintien Sa | BANANE à des bons rapports, la nouvelle officielle de la nomination pr | de ce prince, et peu de jours après son arrivée (2) dans la en capitale de l'Électorat, vinrent dissiper les soupçons que mé le roi de Prusse avait conçus sur la loyauté de son oncle. avi | L'entrée en scène de Cumberland, dont les sentiments ètr are hostiles à l'égard de la France étaient notoires, ne précéda voi que de quelques jours le rejet définitif @es propositions s’el de neutralité élaborées à Vienne et à Paris. D'ailleurs l'h1- crû ver prenait fin, et avec lui l'espèce d’armistice que les de Î 42 mœurs militaires d'alors imposaient aux belligérants pen- ou | a dant la mauvaise saison; la paroie était rendue au mili- el : | UE taire, et la campagne de 1757, pour laquelle on avait de ver | 7 part et d'autre noirei tant de papier, allait commencer « Jd sur le terrain. le Mais avant d’entamer le récit des opérations de guerre, ma ‘ il nous faut, pour compléter le tableau de la situation gé- alle on: nérale de l'Europe au début du printemps de 1757, passer ner Ra en revue les événements qui s'étaient déroulés en Russie, écri Il en Suède, en Espagne, et dans les petites cours de l’Em- ne (' | pire. Ces F4 au (1) Frédéric à Mitchell, 29 mars 1757. Correspondance politique, vol. XIV, p. 436.

(2) Le duc de Cumberland arriva à Hanovre le 16 avril 1757.

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