NÉGOCIATIONS AVEC LA SUËDE
bénéfice moral qu'apportcrait le concours d'une puissance protestante ; la participation de la Suède sassurerait les États du nord de l'Allemagne, et serait une réfutation péremptoire des bruits calomnieux qu'on faisait circuler sur les intentions malveillantes des maisons d'Autriche et de Bourbon, à l'égard des confessions luthérienne et réformée.
Mais, avant tout, il fallait protéger la Suède contre les dangers auxquels elle s'exposerait en prenant parti contre la Prusse. La Poméranie suédeise, seul reste de ses anciennes possessions continentales, était ouverte à une attaque de son voisin, et l'expérience récente de ce qui s'était passé en Saxe donnait le droit de ‘upposer qu'il agiait au nord comme il l'avait fait au sud, s'il y trouvait son compte. Aussi le cabinet francais, tout en invitant (1) le gouvernement scandinave à une démarche commune, lui avait laissé le soin d'indiquer « les moyens qu'il aurait À choisir pour mesurer sa résolution au véritable état de ses affaires. » La négociation ainsi entamée était délicate parce que le Sénat était en froid avec le Roi, du consentement officiel duquel il ne pouvaitse passer, et en brouille ouverte avec la Reine (2), dévouée aux intérêts de son frère le roi Frédéric. Elle aboutit néanmoins, grâce au bon vouloir du baron d'Hôüpken, directeur de la chancellerie et délégué du Sénat aux Affaires Étrangères, et à l'influence prépondérante du marquis d'Havrincour, ambassadeur de Louis XV à Stockholm. Après quelques difficultés de la part du roi Frédéric-Adolphe, qui se résigna cependant à accorder les pleins pouvoirs, on signa dans cette capitale une convention (3) en date du 21 mars 1757. La Suède s’engageait à faire à la diète de l'Empire une déclaration analogue à celle de la France, et à se
(1) Rouillé à Havrincour, 10 novembre 1756. Affaires Etrangères. Suède.
(2) Louise Ulrique de Prusse. | (3) Voir pour le texte de la convention. Affaires Etrangères. Suède, 1757.
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