TERRE
joindre à celle-ci « pour arrêter les maux qui désolent l'Allemagne, pour maintenir les droits des trois religions, enfin pour assurer les fondements de la liberté germanique, établie dans les traités de Westphalie, contre toutes les atteintes que quelque puissance que ce soit aura entrepris ou entreprendra d'y porter. » En vue de couvrir la Suède des risques de son intervention, la France et l'Autriche lui garantissaient, dans le cas où elle ne serait pas attaquée, ses possessions actuelles, et dans le cas de guerre, une extension de territoire qui ramènerait la Pomérarie suédoise aux limites de 1679, fixées par le traité de Saint-Germain en Laye.
Cet accord ne constituait pas encore une union offensive, mais il y conduisait en droite ligne. Il fallut d'abord renforcer la garnison de Stralsanc pour mettre cette place à l'abri d'un coup de main, puis fournir le contingent à l'appel de l'Empereur. Peu à peu les esprits s'enflammèrent. Hüpken qui, soit double jeu, soit timidité (1), promettait À l'envoyé prussien de trainer les choses en longueur, fut obligé de suivre le courant. Les patriotes (2) proclamèrent les bénéfices que l’on pouvait tirer de l'alliance , et révèrent le rétablissement de l'ancien prestige perdu lors des aventures de Charles XII. Havrincour s'empressa de signaler (3) ce mouvement d'opinion qu'il avait probablemert encouragé. La. cour de Versailles ne demandait pas mieux que de répondre à l'invite. Bernis fut chargé de préparer les bases d’une nouvelle convention; dans un mémoire expédié à Stockholm (4), il énuméra tous les profits que la Suède obtiendrait de son entrée
(1) Solms à Frédéric, 4 mars 1757. Correspondance politique, vol. XIV, P. 384.
(2) Appellation des partisans du Sénat en opiosition à ceux du roi et de la reine.
(3) Havrincour à Rouillé, 22 avril 1757. Affaires Étrangères. Suède. 1757.
(4) Rouillé à Havrincour, 12 mai 1757. Mémoire annexé. Affaires Étrangères. Juède. 1757.
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