‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 100 sur 230 · QUARTIERS D'HIVER · texte numérisé non relu

QUARTIERS D'HIVER

un corps de 2{ bataillons et 18 escadrons soutenus par une réserve de 7 bataillons et 10 escadrons. Le contingent anglais aux ordres de Granby fut logé dans le pays d’Osnabrück. Spürcken, qui avait repris du service, occupa la région de Lippstadt, et Ravenberg. Le grand quartier général fut installé à Hildesheim, les 2% bataillons et 24 escadrons qui y étaient attachés couverts par l'avant-garde de Lückner. Le 11 décembre, les belligérants avaient pris possession des quartiers désignés et commencé leurs préparatifs pour la reprise des hostilités au printemps suivant.

Pour les troupes de Broglie il était grand temps que la campagne se terminât, leurs marcnes plus fréquentes et plus longues que celles de l’armée du Bas-Rhin avaient considérablement réduit les effectifs. L'agent Cressener (1) évalue les bataillons au moment de leur retour en France ou dans les quartiers d'hiver à 300 hommes présents sous les drajaux, les escadrons à 80 seulement; quelques régiments, Briqueville, Enghien, Lemps atteignaient le chiffre de 466 à #70 y compris les malades et les trainards. « Dans les rangs on voyait bon nombre de très jeunes hommes et des recrues non encore habillées. » Les régiments de Soubise (2), moins fatigués, avaient meilleur air et étaient plus étoffés. L'agent britannique estimait l'effectif de # bataillons de gardes francaises lors de leur entrée à Liège à un total moyen de 513 hommes dans le rang; les carabiniers avaient bonne apparence et leurs escadrons comptaient 110 sabres.

Chez les confédérés, le déchet de la campagne était fort. Le prince Ferdinand (3) s'en plaint : alors que l'état des présents donne une armée de 92.000 hommes composée de bataillons de 700 fantassins et d’escadrons de

(1) Cressener à Bute, 23, 28 et 30 novembre 1761. Record OMce. (2) Cressener à Bute, 2 et 18 novembre 1761. Record Office. (3) Ferdinand à Bute, Witkensen, 7 aovetabre 1761. Record Office.

190 cavaliers, l'effectif « combattants » est bien inférieur à ces chiffres. Sans compter les malades très nombreux, l'usage établi dans cette armée permet aux régiments d'employer des soldats pour mener les chevaux de bât et les chariots, pour servir de domestiques aux officiers ; à ces emplois toujours au complet, on affecte « les gens les plus grands et les plus forts en laissant les faibles et les enfants dans les régiments. Il en résulte que le nombre des combattants d’un bataillon ne surpasse guère à l'ouverture de la campagne 500 hommes au lieu de 700 qu'il devait avoir, et qu'à la fin de la campagne les bataillons deviennent de vrais squelettes ». Il n’a jamais eu plus de 60.000 combattants. Il y a lieu de présumer que les mêmes abus existaient dans l’armée française et expliquaient la faiblesse effectifs signalée par Cressener.

Par contre, et peut-être pour justifier les demandes de renforts qu'il adressait au gouvernement britannique, Ferdinand insiste sur l’améliôration du physique et de la tenue des Français : « Je sais qu'on croit assez communément que les troupes francaises ne sont pas complètes, délabrées, mal entretenues, et composées d’un ramas de gens. Ilen était ainsi en quelque facon l’année 1758, mais cela a bien changé depuis et on peut dire avec vérité que d'année en année, elles sont devenues meilleures. Nous avons pris en plusieurs occasions des bataillons entiers; c'étaient gens robustes, de bonne mine et bien vêtus. »

Pour le maréchal de Broglie et pour son frère le comte, l'insuccès de la campagne de 1761 eut des suites f4cheuses. Le maréchal, opposé à bon droit au dualisme du commandement des deux armées destinées à opérer en Allemagne, n'avait accepté (1) le rôle secondaire que lui constituait la direction de l’armée la moins nombreuse

(1) Comte de Broglie au Roi, Eimbeck, 18 septembre 1761. Correspondance secrète de Broglie, Affaires Élrangères.

ICI PTT

Page 1