LES RESPONSABILITES DE LA COUR
tat-major prussien (1) se montre sévère pour le commandant de l'armée du Bas-Rhin.
De la pusillanimité des géné: aux de Louis XV pendant l'automne de 1761 la cour de Versailles a cependant sa part de responsabilité. Dès le 26 septembre, Choiseul s'était préoccupé (2) des quartiers d'hiver, et avait fixé le nombre d'unités qui devaient rentrer en France. À l’armée de Broglie il retirait 37 bataillons de ligne, 5 de milice, 32 escadrons de grosse cavalerie et 16 de dragons, « il doit vous rester pour la défense de la Hesse et du Main 98 bataillons de ligne, 1 de milice et 88 escadrons ». Sur l'armée de Soubise, le Ministre prélevait 16 bataillons d'infanterie y compris 6 des gardes, 5 bataillons de milice, la maison du "1 (13 escadrons) et 12 escadrons de cavalerie et de dragons; il lui laissait #3 bataillons de ligne, * de milice rt 40 escadrons. A cette irvitation, Soubise répondit (3) que les troupes désignées partiraient
‘pour la France aussitôt que ses petites expéditions seraient
terminées. Broglie, comme il fallait s'y attendre, fit (%) à la proposition de la cour des objections multiples : la qualité d’une bonne partie des troupes laissait à désirer ; es 3 nouveaux régi s des grenadiers royaux étaien les 3 égiments des grenadiers royaux ét t dans un triste état; les officiers des cadres étaient de « mauvaise espèce » ; il signale le défaut d'instruction du soldat « qui est aussi peu aguerri que le dernier régiment de milices ». Quest à la cavalerie, obligé de la réparer au fur et à mesure, il ne peuten mettre en ligne que 52 escadrons: il lui faudrait 3 régiments de vieux dragons. Broglie se déclare hostile à l'évacuation avant la n'ise en état des postes et le remplissage des magasins.
(1) Geschichte des Siebenjährigen Krieges, vol. V, Bcrlin, 1837, p. 862 et suiv.
(2) Choiseul à Broglie, Choiseul à Soubise, 26 sept. 1761. Archives de la Guerre.
(3) Soubise à Choiseul, Coesfeldt, 2 octobre 1761. Archives de la Guerre.
(4) Broglie à Choiseul, Eimbeck, 13 octobre 1761. Archives de la Guerre,
Il propose de se maintenir le plus longtemps possible à Eimbeck, puis, le pays épuisé, de raser les fortifications de la ville et de se retirer sur la Werra, de laisser des garnisons à Gôttingen et à Cassel, de répartir l'infanterie en deux cordons, le premier tiré de Witgenhausen à Cassel, le second entre l’Eder et l’Ohm, la cavalerie cantonnée entre Hirschfeld etFulde, lestroupeslégères à Mulhausen à même de profiter des ressources de la Thuringe en grains. Le pro-
gramme de Broglie pour la distribution des troupes fut.
approuvé par la cour et exécuté dans ses grandes lignes. La dislocation eut lieu le 28 novembre; l’armée du Haut- Rhin s'installa dans des quartiers à peu près identiques à ceux qu'elle avait occupés au printemps de 1761, avec le seul avantage d’avoir sa droite appuyée à Mulhausen. La répartition était la suivante: #.200 fantassins et 1.800 cavaliers à Güttingen qui se trouvait en dehors de la ligne des avant-postes — bien approvisionnés, cette place était en outre défendue par l'épuisement complet du pays environpant ; 25 bataillons et 6 escadrons entre Mulhausen et la Werra; une même force entre la rivière et Cüttingen; 35 bataillons entre la Werra et la Fulda; 20 baiaitlons, 6 escadrons de Warburg à l'Eder; une division entière à Cassel et dans le camp retranché.
Le château de Waldeck et la ville de Fritzlar furent mis en étatdedéfense ainsique Hersfeid etZiegenhayn, dont les moyens de résistance avaient été améliorés. La cavalerie se cantonna en fractions presque égales dans le pays de Fulde et de Wurzbourg d’un côté, derrière la Sieg de l'autre avec quelque infanterie; le grand parc d'artillerie, 15 bataillons et 2% escadrons, s'installèrent à Francfort ou dans la banlieue.
Pour l’armée du BP :s-Rhin les emplacements et cantonnements restèrent également à peu près les mêmes que ceux de l'hiver précédent. Du côté des confédérés, au prince héréditaire échut la garde de la Westphalie avec