‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 105 sur 230 · BROGLIE ACCABLE SOUBISE · texte numérisé non relu

BROGLIE ACCABLE SOUBISE

106.000, tantôt à 90.000 et aurait été inférieure au prince Ferdinand ou n'aurait eu sur lui qu'une supériorité de 8.000 hommes.

« D'après cela, on peut juger si elle a rempli ce qu’n en devait attendre, et s'il lui eût été possible de faire davantage.

« On croit d'ailleurs pouvoir en appeler à la comparaison des opérations de l'armée du Haut-Rhin, à celle du Bas-Rhin.

« La première, du fonds de 118.000 hommes, à eu vis-à-vis d'elle celle des alliés, du fonds de 106.000 (116.000 — 10.000). « La seconde, du fonds de 55.000 hommes, a eu devant elle un corps du fonds de 10.000. Il en résulte que, pour que l’ar née du Haut-Rhin n'eût eu vis-à-vis d'elle, relativement à sa force, qu'un nombre proportionné à .celui qui a été opposé à l'armée du Bas- Rhin, il faudrait que l’armée des princes Ferdinand et héréditaire réunie n'eût été que de 20.000 hommes. »

Il y aurait quelques réserves à faire sur les effectifs attribués au prince Ferdinand qui n'atteignirent jamais les chiffres mis en avant. Broglie basait ses calculs sur un nombre de 700 fusils par bataillon et 190 sabres par escadron et ne tenait pas compte des malades et détachés, fort nombreux dans l’armée confédérée, tandis qu'il n'allouait à ses propres unités que les effectifs plus restreints de 500 et 140. Par contre, il avait exagéré les forces opposées à Soubise à partir du 15 septembre, car à cette date Kielmansegge avait rejoint la grande arméeet O’Heim après le renforcement des garnisons de Munster, Lippstadt et Hamm n'avait conservé que 3.000 réguliers et quelques centaines de troupes légères.

Broglie avait adressé son mémoire à Choiseul en mème temps qu'au Roi (1). « Ayant lieu de croire, Monsieur le

(1) Broglie à Choiseul, 24 janvier 1762. Correspondance secrète de Broglie.

Duc, que les événements qui se sont passés, depuis 28

mois, à l’armée dont le Roi m'a confié le commandement,

ne lui ont point été toujours rendus avec l'exactitude que

j'aurais pu désirer, et devant craindre particulièrement

que, malgré celle avec laquelle vous l'en avez instruit,

ceux de la dernière campagne ne lui ayant été présentés, }

par des personnes qui ont le bonheur de l’approcher, R d'une manière propre à lui faire concevoir des préven:

tions fâcheuses pour eux, je me trouve, Monsieur le Duc, ; dans la nécessité de mettre sous les yeux de S.M. le compte ï de la conduite que j'ai tenue pendant tont ce teraps. J'ai à

l'honneur de vous prier de vouloir bien me donner une heure of je puisse vous le communiquer. » La réponse du Ministre, polie dans la forme, est aussi sèthe qu'on pouvaits’y attendre : «Je n'ai nulle connaissance (1), Monsieur le Maréchal, que le Roi aye quelque doute sur votre conduite à la tête de ses armées. S. M. m'a paru très bien instruite des faits selon qu'ils lui ont été rapportés dans son const .1. Ainsi, j'ai peine à comprendre quels nouveaux éclaircissements vus voudriez donner au Roi, qui ne seraient pas contenus dans les lettres que vous m'avez écrites, et que j'ai mises en entier sous les veux de S. M. Quoi qu'il en soit, Monsieur le Maréchal, je suis à vos ordres et prêt à écouter tout ce qui vous conviendra queje rende au Roi de votre part, relativement à la guerre. »

L'enquête ainsi commencée se prolongea quelques jours, car, le 7 février, nous reïevons'une lettre (2) du maréchal 4

à Louis XV accompagnant l'envoi de notes émanant de

Guerchy, de Beauvau, et de la réponse qu'il leur a faite. à Le 18 février intervint le verdict royal : « Mon cousin, À ayant jugé que la forme :t le fonds de la démarche que vous avez faite en me présentant un mémoire sur les événements de la campagne dernière, étaient aussi con-

RE ae

(1) Choiseul à Broglie, 23 janvier 1762. Papiers de famille de Broglie. (2) Broglie au Roi, 7 février 1762. Papiers de famille de Broglie.

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