‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 108 sur 230 · VALEUR MILITAIRE DE BROGLIE · texte numérisé non relu

VALEUR MILITAIRE DE BROGLIE

‘ toute la seconde moitié de la campagne, il est hypnotisé

par la crainte de voir reparaître le prince héréditaire, n'ose rien tenter ni contre lui ni contre les places de la Westphalie quand il le croit présent ou seulement à portée, ne profite pas de ses absences même quand il n’en peut douter, et réduit le rôle de son armée, en dépit des invitations de la cour, à celui d’un corps de réserve desüiné à soutenir, au besoin à recueillir les partisans qu'il envoyait fourrager sur les bords de l’Ems et dans la région comprise entre ce fleuve et le Weser. Avec une pareille direction, la guerre aurait pu durer 10 ans, les affaires de l1 France n’en eussent pas été plus avancées.

Broglie, beaucoup plus hardi dans ses conceptions, s’il ne l'était pas toujours dans l'exécution, commença sa campagne d’une façon brillante ; le passage de la Dymel, l'échec infligé à Spürcken, la marche rapide au secours de Soubise, la jonction avec l’armée du Bas-Rhin lui firent honneur. N'insistons pas sur les fautes de détail de Vellinghausen ; comme causes de la défaite, elles disparaissent en regard de l’indécision et des lenteurs de Soubise. Mais une fois les armées sénarées, la sienne renforcée de 40.06% hommes, il serait impossible de déclarer que Broglie sût tirer parti de sa supériorité sur le prince Ferdinand. Il n’osa pas risquer la bataille qui seule lui eût ouvert les portes du Hanovre et du Brunswick; au lieu de se battre, il chercha à manœuvrer, et ayant affaire à plus fort que lui, il se mit à la remorque de l'adversaire, subissant sa volonté au lieu de lui imposer la sienne. La fin de l’été et la plus grande partie de l'automne furent absorbées par des chassés-croisés en Hesse et autour de Güttingen coupés par des repos prolongés. La pointe sur Brunswick eut plutôt le caractère d'un raid de partisan que celui d’une grande manœuvre de guerre; le retour de Lusace et Closen effectué, il n’entreprit rien contre les troncons isolés de l'armée confédé-.

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rée et attendit passivement dans la position d'Eimbeck une attaque qu'il laissait à son adversaire tout le loisir de préparer.

Quant à Ferdinand, s’il eut le mérite de s'attacher à une position centrale d'où il rayonna pendant presque touie la campagne, on peut lui reprocher de n’avoir pas saisi l'avantage que lui offrait l'isolement de Soubise pendant une semaine entière avant la jonction avec Broglie. Son inaction après Vellinghausen dura trop longtemps et s’il devança le maréchal dans la position de Nieheim, il le dut bien plus à la lenteur de celui-ci qu’à sa propre diligence. Lors de la marche des Français sur Hôxter, il fut trompé par Broglie et ne fit rien pour troubler le passage du Weser. De même les mesures pour la relève de Brunswick furent tardives et ne réussirent que grâce à la hardiesse de ses lieutenants et nous pouvons ajouter à la prudence excessive du général français. Enfin, l'opération contre Eimbeck, quoique courounée par un succès stratégique, paraît décousue et avoir été médiocrement conduite.

Quoi qu’il en soit, et quelque justifiées que soient ces critiques de détail, il n’en reste pas moins qu’au prince Ferdinand revient l'honneur de la campagne. Avec des forces inférieures et une armée composée d'éléments peu homogènes, il maintint ses positions de 1760, ne perdit ni territoire ni place forte, et dicta la loi à un ennemi formidable.

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