‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 109 sur 230 · CAMPAGNE DE FRÉDÉRIC CONTRE LES AUTRICHIENS ET LES · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE FRÉDÉRIC CONTRE LES AUTRICHIENS ET LES

RUSSES. 1761. — COMBAT DE WAHLSTATT. — CAMPS RE- TRANCHÉS DE BUNZELWITZ ET DE SCHWEIDNITZ. — LAUDON PREND SCHWEIDNITZ. — SIÈGE DE COLBERG.

La campagne de 1761 s’annonçait difficile pour le roi de Prusse ; le recrutement de son armée devenait de plus en plus laborieux, une grande partie de ses états était occupée par l'ennemi et ne fournissait plus hommes ni argent. Sans doute on faisait des recrues en Saxe, en Mecklembourg et en Thuringe, on encadrait par force des prisonniers autrichiens, russes, suédois et allemands; on remplaçait les bataillons de ligne par des formations irrégulières ; mais ces levéescomposées des élémentsles plus disparates étaient loin de valoir les troupes nationales qui avaient constitué le principal élément des armées du début de la guerre.

Frédéric avait passé les mois d’hiver à Leipzig, il avait entretenu une correspondance active avec le prince Ferdinand qu’il encourageait à se maintenir en Hesse, et à qui il faisait espérer la prise de Cassel; il se préoccupait de l'attitude de l'Angleterre et de la situation qui lui serait faite au cas d’une paix particulière de cette puissance avec la France; enfin, il cherchait à ameuter contre l'Autriche la Porte et le Khan de Tartarie . Ces négociations politiques ne l’empêchaient pas de veiller au rétablissement de son

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armée, L'expédition des généraux Syburg et Schenkendorf dans la vallée de la Saale et dans le Voigtland avait pour but principal de rassembler des soldats et des contributions. Syburg, qui avait pris part à la défaite des Saxons à Langensalza, remportait à Saalfeld un nouveau succès sur une division des troupes des cercles; ce raid combiné avec Schenkendorf et Linden leur rapportait 4.000 prisonniers, 16 canons et un butin important.

Le 20 mars, le Roi se trouvait en tournée d'inspection à Meis:en. « Mes levées vont à merveille, écrit-il à son frère le prince Henri (1), ma cavale.1e sera en état d'opérer le 1‘ avril, et je pense que les 8 bataillonsfrancs seront prèts à entrer en campagne un mois plus tard. J'ai fait le tour des régiments en passant par Chemnitz, et je dois vous dire à mon grand contentement que nous sommes cent fois mieux qu'on nesaurait s’imaginer. » De Londres, ilrecevait le 11 avril avis de l'ouverture pacifiquede Choiseul et communication des pièces qui s’y rapportaient. Disposé à l’accueillir ainsi qu'un armistice qui s’appliquerait à tous les théâtres des opérations, il pose cependant (2) dès le début l'ultimatum que voici: « il ne se prêtera de sa vie à céder même jusqu’à un village... ilnesignera aucun traité de paix à moins qu'il n'y fût mis pour base que je garderai toutes mes possessions en terres et provinces, toutes comme elles ont été possédées de moi l'an 1756 avant le commencement de la présente guerre ». Malgré cette intransigeance, pendant tout son séjour à Meissen, qui dura jusqu'au # mai, toute la correspondance du Roi avec Finckenstein ct ses ministres à Londres exprime le désir d’une suspension d’hostilités qui, conclue d’abord entre la France et l'Angleterre, s'étendrait, grâce à la médiation

(1) Frédéric au prince Henri, Meissen, 20 mars 1761. Corr. Polit., XX, p. 273.

(2) Frédéric à Knyphausen etMichel, Meissen, 11 avril 1761. Corresp. Polit., XX, p. 323.

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