LAUDON SOUMET A BUTTERLIN UN PLAN D'ATTAQUE
400 pièces pour résister à une attaque des alliés, Les villages enfermés dans l'enceinte fortifiée avaient été mis en état de défense et avaient chacun leur garnison permanente.
Examinons maintenant comment Laudon se proposait de s'emparer dela formidable position quenousvenons de décrire. L'attaque serait fixée en principe au 27 août; les Autrichiens renforcés de 20 à 25.000 Russes, sous les ordres de Czernitchew, en seraient chargés. Comme mesure préparatoire, Brentanoflanqué à gauche par les troupes légères russes de Berg, occupa le Brutenberg et le Spitzherg. L'aile gauche de l’armée russe s’appuya à Rohrstock et s'étendit par Hausdorf, Schwenitz et Schalwitz jusqu'au corps de Czernitchew qui formait leur aile droite. Les lignes autrichiennes s’établirent à partir de Mehnersdorf par Frôbhlichsdorf, Polsnitz et Kunzendorf jusqu’à Bügendorf. Le 26 août Laudon rapprocha ses troupes de l'ennemi et rappela les 46 escadrons qui avaient été prêtés aux Russes. Les Prussiens, s’attendant à une attaque à tout instant, passèrent la nuit sous les armes. A la dernière heure Butturlin demanda 2 jours de répit pour cuireson pain et terminer l'installation de son camp; il posa en outre à son collègue autrichien sur la force du contingent qu'il aurait à fournir pour la bataille, sur les soins qui seraient donnés à ses blessés et sur les approvisionnements, des questions auxquelles il avait déjà été répondu. Enfin, Laudon à force de persévérance finit par vaincre les hésitations du maréchal russe; celui-ei accepta la date du 3 septembre pour l'assaut du camp royal; mais à peine cette décision fut-elle confiée au courrier de Vienne qu'il retira son assentiment, D’après le récit autrichien, la raison donnée par le général russe en présence de Fermor et de Galitzin, fut la crainte de voir échouer l'attaque sur la droite de l’armée royale, que celle-ci avait employé le temps écoulé depuisie 29 août à rendre inexpugnable. D’après l'historien Tempelhof, GUERRE DE SEPT ANS. — T, V, 16
Laudon en exigeant dans l'affaire une plus large participation de la part de l’armée russe, se serait heurté à la résistance des généraux russes et aurait empêché l'accord de se faire. Les incidents des derniers jours sont d’ailleurs relatés dans une dépèche de l'ambassadeur Chatelet au duc de Choiseul (1) dont les détails reproduisent évidemment le rapport officiel de l'état-major de Laudon : « L'attaque générale des retranchements du roi de Prusse avait été résolue dans un conseil de guerre tenu le 2 au matin, et fixée au lendemain 5, et M. de Butturlin qui s'était opini4trément refusé à y faire coopérer les forces entières de l'armée russe, était convenu que le corps de M. de Czernitchew composé d'environ 20.000 hommes, auquel on joindrait le corps de Brentano, qui serait renforcé jusques à 10.000 hommes, attaqueraient la droite du Roi de Prusse qui s'étend jusqu'à Zedlitz, et essayeraient même de le tourner par ses derrières, tandis que M. de Laudon avec la totalité de l'armée autrichienne attaquerait le centre de S. M. Prussienne à Jauernick et sa gauche à Wurben En conséquence de cette résolution signée par les deux généraux, M. de Laudon était retourné à son quartier général pour y faire toutes les dispositions relatives; mais l’aprèsmidi du même jour, il recut un biliet de M. de Buttürlin qui le priait de se rendre de nouveau chez lui pour y conférer sur des objets fort importants. IL s’y rendit aussitôt et trouva ce général environné de M. de Galitzin etFermor, et entièrement changé de sentiment. II dit à M. de Laudon que plus il avait réfléchi sur la position du roi de Prusse, plus il avait reconnu le danger de l’attaquer, et qu'il paraissait moralement sûr qu'on ne réussirait pas dans la partie où M. de Czernitchew et de Brentano devaient faire leur attaque. Il ajouta que quand le reste de l’armée autrichienne parviendrait à déloger le roi de Prusse des re-
(1) Chatelet à Choiseul, Vienne, 7 seplembre 1761. Affaires Étrangères.
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