LE RUSSE REFUSE SA COOPERATION
tranchements qu’il avait construits à Jauernick, après une perte énorme, on n’en serait pas plus avancé si ceux de la droite de ce prince n'étaient pas emportés, puisque S. M. prussienne avait une nouvelle position à prendre sur les hauteurs de Wurben en arrière de Jauernick, tout aussi bonne que celle qu'il occupait maintenant, sans reculer pour cela sa droite, qu'il lui avouait qu'il n'avait pas assez de confiance dans la manière de manœuvrer des troupes russes, pour oser prendre sur lui de les charger d’une attaque aussi difficile; qu’elles étaient par leur nature beaucoup plus propres à défendre qu’à attaquer, ct qu'enfin il voyait une certitude physique que la moitié des troupes œui seraient employées aux différents points d’attaque projetés y demeureraient et une certitude morale que cette perte énorme ne serait suivie d'aucun succès.
« Quand M. de Butturlin eut cessé de parler, MM. de Galitzin et de Fermor prirent ia parole et renchérirent encore sur les périls de l’entreprise projetée et sur le peu d'apparence de réussite, en sorte que M. de Laudon ne put douter qu'ils ne fussent les auteurs du conseil qui avait fait changer si promptement de résolution le général russe; il tâcha inutilement de combattre leurs raisons et épuisa tous Les tons possibles pour les persuader, IL employa mème les reproches les plus vifs sur leur lenteur et leur inaction qui avaient donné le temps au roi de Prusse : 1° de gagner le camp qu'il occupait maintenant, en refusant d'exécuter la jonction à Jaüer; 2° celui de se retrancher et par là d'augmenter du double la difficulté qu'ils trouvaient maintenant à attaquer. Enfin il proposa à M. de Batturlin, pour dernier parti, de joindre encore 10.000 hommes d'infanterie au corps de M. de Czernitchew et de former 4 points d’attaque au lieu de 3, afin de diviser par là les forces et l'attention du roi de Prusse, et de rendre le succès moins problématique. Cette proposition fut entièrement rejetée par le général russe, qui demeura
RE
ee