‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 126 sur 230 · BUTTURLIN VEUT SE RETIRER · texte numérisé non relu

BUTTURLIN VEUT SE RETIRER

croyant pas suffisamment autorisé pour prendre sur lui l'acceptation ou le refus de l'alternative, a demandé le temps de dépêcher un courrier à sa Cour pour en recevoir des ordres, et c'est avec beaucoup de peine qu'il a obtenu de M. Butturlin la promesse d'en attendre le retour jusques au 7. »

Au conseil qui examina la proposition russe, il y eut quelque opposition basée sur la dépense qu'entrainerait l'entretien du corps de Czernitchew, mais après discussion et sur l'avis de Kaunitz, la coopération fut acceptée.

De 5on «quartier général de Striegau, Butturlin écrivit (1 ure lettre à Kaunitz en réponse aux félicitations (2) que celui-ci lui avait adressées sur la réunion des deux armées. Malgré tous ses ufforts et tous les mouvements combinés avec Laudon, il avait été impossible d’amener l'ennemi à abandonner son camp retranché, et on ne pouvait rien entreprendre contre lui sans exposer les armées impériales à un désastre infaillible ou à la perte d’une bataille. D'autre part, le défaut de subsistances ne permettait pas de maintenir les deux armées ensemble, et il avait été décidé d’un commun accord de se séparer. Le maréchal, malgré ce facheux résultat, était prêt comme il l’avait toujours été à contribuer dans la mesure du possible au succès de la campagne; il tenait à rendre hommage au zèle et à la bonne volonté déployés par Laudon pour la cause commune. En même temps qu'au maréchal russe, Kaunitz (3) avait exprimé à Laudon

son espoir de voir se réaliser les bons effets de la réunion ,

depuis si longtemps désirée : « Son Excellence comprendra facilement que chacun ici vit entre la crainte et l'espérance et regarde les circonstances présentes comme

(1) Butturlin à Kaunitz, Striegau, 25 août (V. S.) 1761. Archives de Vienne. (2) Kaunitz à Butturlin, Vienne, 31 août 1781. Archives de Vienne. (3) Kaunitz à Laudon, Vienne, 31 août 1761. Archives de Vienne.

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l'époque qui devra décider du résultat de la campagne et peut-être de la guerre. »

Contrairement à ce qu'on eût pu croire, Kaunitz (1) ne se montra pas déçu par les nbuvelles de Silésie. L'entreprise était chanceuse, elle aurait coûté fort cher; l’ennemi avait eu le temps de se retrancher et croyait évidemment pouvoir repovsser l'attaque. Peut-être, après tout, le refus de l'état-major russe était-il plus avantageux que fAcheux, d'autant plus que les Russes ne cherchaient à incriminer ni la cour, ni Laudon. Kaunitz se félicitait du détachement du corps de Czernitchew à l’armée de Laudon, il prévoyait la possibilité d'opérations en Basse-Silésie et contre Berlin et l'obligation pour l'ennemi d’évacuer la Silésie ou la Saxe.

Le Roi marque dans les quelques lettres écrites pendant son séjour au camp de Bunzelwitz la plus grande confiance ; sans doute il n'avait pu empêcher comme il l’aurait voulu, la jonction des armées alliées, mais il avait pris toutes les précautions possibles pour résister à une attaque qu'il croyait imminente; dans ces dispositions (2) il escomptait l'emploi de sa cavalerie pour achever la déroute des assaillants : « J'ai ici mon camp entre Würben et Striegau, mande-t-il à son frère (3); les Autrichiens et Russes m'ont presque entouré, leurs troupes légères infestent tous chemins, de sorte que les communications sont toutes interrompues. L'ennemi m'attaquera dans peu de jours ; j'ai pris toutes les mesures imaginables pour le bien recevoir; pour peu qu'il s’opiniâtre, il peut perdre 30.000 hommes d'infanterie et se voir battre à plate couture. Mes ouvrages sont tous achevés, et je n’attends que le moment où l'action commencera. »

(1) Kaunitz à Laudon, Vienne, 6 septembre 1761. Archives de Vienne.

(2) Dispositions pour le cas où l'armée serait attaquée. Bunzelwitz, août 1761. Corresp. Polit., XX, p. 606.

(3) Frédéric à Henri, au camp, 5 septembre 1761. Corr., XX, p. 611.

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