ILS SE SEPARENT
ont fortifié de telle façon qu'il est impossible de l’attaquer avec quelque espérance de succés, fussions-nous une fois plus forts que nous ne sommes, je doute donc que nous n’aurons pas une bataille, surtout lorsque ce n’est pas le grand nombre qui décide, mais.................…. 5 vous me comprenés bien, et pour nôtre malheur ceci nous manque aussi bien que l'harmonie. »
A l'heure à laquelle le roi de Prusse écrivait à son frère, la séparation des alliés était chose décidée : Elle s'accomplit le 9 septembre ; ce soir-là, les Russes commencèrent leur marche vers l'Oder escortés par le général Beck avec 5 régiments de cavalerie. Czernitchew campa à la gauche des Autrichiens près de Freiburg ; Brentano retourna à Hohenfriedberg. Le lendemain, toute la droite abandonna la plaine pour prendre place sur les hauteurs de Kunzendorf-Bügendorf, la cavalerie resta en bas près de Lirlau et Draskowich recula jusqu'à Wartha et le Silberberg pour surveiller les défilés. Le 11 septembre, le roi délacha le général Platen avec 7.000 hommes pour inquiéter la marche des Russes et détruire leurs magasins. Ce ne fut cependant que le 26 que Frédéric quitta les environs de Schweidnitz pour ceux de Neisse où il campa le 29. Il y fut suivi par Draskowich et Bethlem qui devaient s'opposer à une incursion prussienne en Moravie.
Au dire de Mesnager (1), l’attaché francais à l’armée russe, l'état-major de Butturlin cherchait à masquer leur retraite « de magnifiques projets dont l'exécution parait plus analogue à nos désirs. Breslau, Glogau, Francfort, Berlin, Custrin, Colberg, la Poméranie, les quartiers d’hiver, voilà bien des points de vue; sous deux jours l’on saura peut-être à quoi s’en tenir ainsi que la route rétroactive de M. de Butturlin........... La postérité aura peine
(1) Mesnager à Chosenl, Striegau, 7 septembre 1761. Archives de la Guerre.
à croire ce qui s’est passé en tout genre à l’armée russe depuis quelques jours. je laisse aux habiles peintres à douner les ombres proportionnées au tableau, la plume m'échappe des mains et je Les lève vers le ciel ». Montazet donne des renseignements (1) plus précis : « Elle (l’armée russe) doit se porter vers Glogau pour le bombarder; de là sur Francfort, ensuite sur Berlin, et finalement en Poméranie pour se rejoindre au corps qu'y commande M. de Roumansoff. Voilà les vastes projets que les Russes ont faits en partant de Silésie qui, selon moi, ne seront exécutés qu’en partie, bien persuadé qu'ils ne bombarderont ni Glogau ni Berlin. M. de Czernitchew à qui l’on a laissé dix régiments d'infanterie, deux de dragons, un de uhlans et un de hussards, le tout faisant environ 20.000 hommes, doit rester ave M. de Laudon jusqu’à la fin de la campagne, où l'on doit alors l’escorter jusqu’à Posen ; d'ici là, l’on doit par convention expresse lui fournir de tout, et lui donner mème deux cent mille roubles d'avance, il est même stipulé dans l'accord qui unit ce corps russe aux autrichiens pour le reste de :a campagne que dans le cas où les forces de l'Impératrice se porteraient en Saxe, les Russes repasseraient l'Oder; par conséquent, voilà qui prouve le peu de désir qu’on a à Vienne de travailler à la seule besogne raisonnable, et selon moi, l'inutilité des nouveaux soins qu’on va se donner sans doute pour prendre la Silésie. »
La cour de Vienne avait en effet concentré tous ses efforts sur l’armée de Laudon. Celle de Saxe manquerait bientôt de subsistances. Daun se plaint amèrement ; « il s'étendit d’ailleurs sur la facon dont il était traité personnellement et je vis que son amour pour M. le comte de Kaunitz ne s'était point affaibli ».
(1) Montazet à Choiseul, sous Dresden, 12 septembre 1761. Archives de la Guerre,
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