‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 130 sur 230 · CAMP RETRANCHÉ DE SCHWEIDNITZ · texte numérisé non relu

CAMP RETRANCHÉ DE SCHWEIDNITZ

à resserrer les cantonnements ennemis. En réponse (1) la cour lui avait accordé une satisfaction partielle, maïs avait refusé 1 chiffre de 45.000 comme trop élevé. Un prélèvement aussi fort exposerait le comté de Glatz et peutètre la Moravie au danger des incursions prussiennes. Bref, Laudon aurait à lui rendre de suite Les 29 bataillons et 78 escadrons empruntés à l'armée de Saxe et plus tard si le roi de Prusse réduisait ses forces suffisamment, un second détachement de 20 bataillons et un contingent correspondant de cavalerie.

La nouvelle de la prise de Schweïdnitz ne modifia (2) ces instructions qu’en suborlonnant leur exécution à l’intérèt supérieur de la conservation de la forteresse conquise. En fait, les renforts pour la Saxe ne se mirent en marche que le 20 octobre et encore furent-ils arrêtés partiellement en Lusace (3) où Beck reçut une augmentation de 5 régiments d'infanterie et deux de cavalerie.

La ville de Schweïdnitz, située sur la rive gauche de la petite rivière du Weistritz ou Schweidnitz Wasser, était une place de second ordre. Devenu maître de la Silésie, Frédéric avait ajouté aux murailles de la ville quelques ouvrages extérieurs que les Autrichiens pendant leur occupation en 1757, les Prussiens après leur réoccupation en 1758, avaient uccessivement agrandis. A l’époque de l'assaut que nous «!lons raconter, la place ou plutôt le camp retranché de Schweïdnitz avait pour principale défense une ceinture de forts et de redoutes reliés par une double ligne de retranchements en terre. Un espace libre s'étendait entre cette enceinte et la ville; cette dernière était entourée d’un mur à tours carrées qu'on

(1) Cabinet Schreiben an Daun, Vienne, 2 octobre 1761. Archives de Vienne.

(2) Cabinet Schreiben an Laudon, Vienne, 10 octobre 1761. Archives de Vienne.

(3) Montrozard à Choiseul, Freyburg, 30 octobre 1761. Archives de la

Guerre.

D. Dustin henente

| 14 avait appuyé d’un terrassement. Les forts, bâtis sur le À même modèle, étaient ouverts à la gorge, et bien que | pourvus de fossés ne possédaient que des escarpes de 11 10 à 12 pieds et n'étaient pas par conséquent à l'abri ‘4 d’une escalade. Les moyens de communication entre les ouvrages extérieurs et entre ceux-ci et la ville étaient | très imparfaits et n’assuraient pas la retraite des dé- | fenseurs. Pour compenser ces défauts, pour garnir les | points exposés, pour servir les 240 bouches à feu de la É place, il eût fallu une garnison suffisante et un fort ap- } point de canonniers; or, le gouverneur Zastrow avait à sa disposition 5 faibles bataillons d'infanterie, une compagnie d'artillerie réduite par les détachements à 83 hommes; y con:pris 150 cavaliers, .’effectif des combattants n’atteignait que 2.436 hommes. Le général de Zastrow, qui exerçait la charge de gouverneur depuis 1758, brave militaire, avec de beaux états de service, “encore très valide, possédait la confiance de son maître et semblait la mériter. Depuis le départ de l’armée royale, il s'attendait à une tentative contre l’un des ouvrages avancés, tout au moins à l'ouverture d’une | première tranchée. Conformément aux ordres, la garnison prussienne était sous les armes, et aux postes | désignés à 5 h. le 30 septembre; chacun des comman- | dants des quatre forts à la tête d'un détachement de

D SET Se

rare

270 hommes avait reçu ses instructions pour le cas

d'une attaque : les soldats devaient avoir le fusil à la | main et les officiers d'état-major avaient mission de faire | des rondes, de surveiller les patrouilles et de s'assurer | que tout le monde était sur le qui vive. Afin de se rendre compte des mouvements de l'ennemi, les dragons et {| hussards attachés à la garnison avaient ordre d’éclaiqi rer les environs, de placer des vedettes, de pousser de petites reconnaissances; à ia première rencontre d'une troupe ennemie, ils devaient en tirant des coups de cara-

Page 1