‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 132 sur 230 · ZASTROW PASSE EN CONSEIL DE GUERRE · texte numérisé non relu

ZASTROW PASSE EN CONSEIL DE GUERRE

résistèrent énergiquement et où les premiers assauts furent repoussés avec perte.

Quant au Wasser fort contre lequel Laudon n'avait dessiné qu'une fausse attaque, il succomba aussi. Les & à 500 prisonniers autrichiens qui y étaient enfermés désarmèrent les #8 Prussiens chargés de leur garde et ouvrirent les portes aux Croates de Jahnus. À 5 h. 1/2 du matin, le combat avait cessé et Schweïdnitz était au pouvoir de l’armée impériale.

L'affaire coùûta aux Autrichiens 63 officiers et 1.396 soldats tués, blessés ou disparus; aux Russes 97 officiers ou soldats. La perte dela garnison fut estimée à 800 hommes. Le vainqueur, en plus des prisonniers (1), s'empara de 25 drapeaux. de 222 bouches à feu et d’une quantité considérable de munitions.

Frédéric très sévère, comme on le sait, pour ses généraux malheureux, commença par féliciter Zastrow de sa belle défense, puis il se ravisa et le fit comparaître après la guerre devant un conseil de guerre avec les deux officiers de cavalerie etle major de la place. Ce dernier fut acquitté, mais Zastrow fut condamné à deux ans de forteresse, les subalternes à des peines inférieures ; ni l’un ni les autres ne perdirent leur grade dans l’armée.

Des dépositions des témoins /2) devant le conseil de guerre, il ressort clairement que si le gouverneur peut ètre accusé de quelques fautes d’omission, la cause déterminante de la chute de la place fut la faiblesse des effectifs de la garnison et notamment des artilleurs, eu égard au

périmètre de la forteresse et au nombre des canons à servir.

(1) D'après Janko, le nombre des prisonniers s’éleva à 3.351 militaires officiers et soldats. Les procès-verbaux du conseil de guerre ne parlent que de 2.436 sous les armes. Même en ajoutant les malades, ou indisponibles, l'écart est considérable.

(2) Franz Wachter, Aclen des Kriegsgcrichts von 1763, Breslau, 1897.

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Il est à remarquer que les soldats de la garnison quoique composée en bonne partie de déserteurs ou de prisonniers autrichiens se comportèrent hravement, à de rares exceptions près. Cependant, il y avait eu de la désertion au cours des jours qui précédèrent l'assaut et on affirme que les colonnes autrichiennes avaient des transfuges (1) pour guides ; d’ailleurs la localité était bien connue, bon nombre des officiers de Laudon ayant fait partie de la garnison lors de l'occupation autrichienne en 1757.

Marie-Thérèse se montra reconnaissante à l'égard des vainqueurs de Schweidnitz. Laudon reçut la grand'croix de l’ordre de Thérèse en brillants et peu de temps après le portrait de l’Impératrice, encadré de diamants avec autorisation de le porter; les principaux officiers qui avaient pris part à l'affaire fuxent avancés en grade et une gratification en argent fut accordée aux soldats qui avaient obéi aux ordres interdisant le pillage. « La seule chose que j'apprends avec peine à l’occasion de ce glorieux exploit, écrit l’Impératrice à Laudon (2), c'est que la plus grande partie de mes troupes en dépit de votre défense et de vos efforts, a pris part au pillage. »

La prise de Schweïdnitz vint ‘ort à propos relever le prestige de Laudon, très compromis par les piètres résultats de la campagne de Silésie : « Voilà son héros (de Kaunitz) M. de Laudon culbuté, voilà au pinacle à Vienne son ennemi capital Le maréchal Daun », avait écrit Montazet (3), huit jours avant la surprise du 1° octobre.

La première pensée du roi en apprenant la fâcheuse nouvelle, fut de reprendre la forteresse perdue avant la fin de l’année, mais il n'était pas assez fort avec ce qui lui restait de troupes pour une pareille tâche; il écrivit

(1) W. Edlm von Janko, Laudon’'s Leben, Wien, 1869. (2) Lettre citée par Arneth, VI, p. 248.

(3) Montazet à Choiseul, sous Dresde, 23 septembre 1761. Archives de la

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