SIÈGE DE COLBERG
donc (1) à Platen de venir le rejoindre en Silésie aussitôt qu'il aura dégagé le prince de Wurtemberg et fait lever le siège de Colberg, il comptait sur son arrivée pour le 20 du mois. « Le général Platen ne pourra, écrit le Roi (2) à Grant, gouverneur de Neisse, guère nous arriver avant le 22 ou le 23 dece mois... en attendant je marcherai demain et me tiendrai avec mon armée aux environs de Strehlen, jusqu'à ce que le général Platen s’approchera de nous. » Le lendemain 6, son quartier général était transféré à Strehlen où il demeura jusqu’au 8 décembre. Nous pouvons l'y laisser pour nous occuper des mouvements des Russesen Poméranie et du siège de Colberg, qui prenait une tournure fâcheuse pour la cause royale.
Le prince de Wurtemberg, venu du Mecklembourg où il avait hiverné, arriva à Colberg au commencement de juin. En comprenant le détachement de Werner et le renfort que lui avait amené de Glogau le général Thadden il réunit sous ses ordres 16 bataillons et 20 escadrons, soit environ 12.000 hommes. Le brave colonel Heyde, qui avait repoussé victorieusement les tentatives des années précédentes, était toujours gouverneur de la place avec une garnison de # bataillons. Le 23 juin, Romanzow déjà parvenu à Coslin, grâce à un prélèvement sur le corps de Tottleben, comptait sous ses ordres environ 11 à 12.000 combattants et devait être rejoint par l’escadre de l’amiral Polänski qui avait à bord une artillerie nombreuse et 3.000 hommes de débarquement; mais les vaisseaux russes retardés par des vents contraires ne firent leur apparition que dans les premiers jours d'août. Romanzow prit position à Kôrlin sur la Persante.
La place de Colberg, ainsi que nous l’a appris le récit des
(1) Frédéric à Platen, Gross-Nossen, 3 octobre 1761. Corr. Polit., XXI, p. 7. :
(2) Frédéric à Grant, Gross-Nossen, 5 octobre 1761. Corr. Polit., XXI, p. ff.
deux premiers sièges, est entourée de tous les côtés par des prairies qui, pendant la mauvaise saison, se transforment en marais à peu près impraticables. À portée de canon de l'enceinte, s'élève une rangée de ‘collines à faible relief traversée par la Persante et par la grande route de Treptow et de Stettin. A l'abri de ces hauteurs, à mi-côte, le prince de Wurtemberg avait tracé son camp retranché au sud-ouest de la forteresse, la droite appuyée à la rivière, la gauche à un marécage qui séparait du littoral le faubourg de Bullenwinkel. Les deux lignes du camp étaient formées de 11 ouvrages fermés, à portée de fusil l’un de l’autre, et reliés par des tranchée aisant fonction de courtines. Une inondation d’une profondeur de près de k mètres rendait les approches inabordables du côté de Bullenwinkel. On s'était servi des ruisseaux qui traversent les bois de Badenhagen et du Stadtwald jusqu'à la mer pour noyer l'accès du front, la route de la plage qui conduit de Badenhagen à Colberg avait été coupée par deux retranchements dont l’un, la Sternschange, était fermé. Enfin, lors de l'approche des Russes, on éleva sur une hauteur en avant de la droite du camp un ouvrage qui reçut le nom de la Redoute verte, mais qui ne fut pas achevé. Cet ensemble se complétait par des palissades, des sauts-de-loup, des fossés, et constituait un obstacle redoutable. Pour maintenir les communications avec Stettin, dont les Prussiens tiraient leurs approvisionnements, le général Werner fut détaché sur la rive gauche de la Persante avec le gros de la cavalerie qui y fut cantonné et protégé par quelques fortifications de fortune.
Le 22 août, Romanzow fit son apparition devant la place; le 2% les vaisseaux et convois de Palänski mouillaient sur la rade, ils furent rejoints le 27 par l’escadre suédoise de 1% bâtiments. Aussitôt son parc d'artillerie recu, Romanzow prit position le # septembre à portée
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