‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 136 sur 230 · COMMUNICATIONS AVEC STETTIN · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS AVEC STETTIN

A la suite de ces mouvements Ics Prussiens avaient subi des échecs partiels; un grand convoi de 500 à 600 voitures destiné à ravitailler Colberg en vivres et en munitions, fut attaqué par Berg près de Gollnow et dut rétrograder sur Damm avec pertes. D'autre part, un détachement prussien fut cerné et pris le 16 octobre dans les environs de Greiffenberg. Ému de ces incidents fâcheux, le prince de Wurtemberg donna ordre à Platen de refouler Berg et de rouvrir les communications avec Stettin; à cet elfet il le renforça de 5.000 hommes et de 19 canons.

Conformément à cette instruction, Plâten gagna Treptow le 17; en route il eut connaissance de l'approche de Fermor, il en avertit son chef et lui renouvela sa proposition d'abandonner le camp et de mettre en campagne tout le corps prussien. Wurtemberg ne voulut rien entendre et confirma ses ordres. En conséquence. Platen continua sa marche tout en renouvelant ses # :, sur les dangers auxquels il serait exposé. Le 20, il atteignait Schwanteshagen sur la route de Gülzow à Gollnow ; il y fit reposer ses hommes fatigués par les pluies incessantes et par les chemins détrempés, et détacha le ‘colonel Corbière dans la direction de Gülzow. Ce délachement fut surpris par les Russes qui firent prisonniers le colonel et 1.000 hommes.

Fermor et Berg qui s'étaient rejoints à Naugard avaient gagné de concert Gollnow; ils devaient s’y heurter contre Platen qui y était arrivé le 21 pour protéger le convoi. L'attaque russe eut lieu le 22 de grand matin; les Prussiens évacuèrent la ville, mais employèrent tous leurs efforts à faire franchir aux chariots la rivière l’Ikna, ils réussirent à en sauver la plus grande partic et à effectuer leur retraite sur Damm; quant au ravitaillement de Colberg, par voie de terre, il fallut y ‘enoncer pour le moment. Malheureusement pour

eux, l'armée du prince de Wurtemberg subit un autre échec.

Ému par les avis de Platen et inquiet pour la sûreté de Treptow, Wurtemberg y avait envoyé le général Knobloch avec 2 bataillons et un contingent de cavalerie. Celui-ci y était parvenu le 20 dans l’aprèsmidi; il tut cerné le lendemain par les Russes que Romauzow avait renforcés. Knobloch résista jusqu’au 25, mais à bout de ressources et sans espoir d'être secouru soit par Wurtemberg tenu en échec devant Colberg, soit par Platen trop éloigné, il fut forcé de capituler avec 1.800 hommes et 9 canons. Cet événement qui suivait l'abandon par les Prussiens, le 23, des villages de Spree et de Prettmin que Romanzow fit aussitôt occuper, donna au général russe l'espoir de s'emparer non seulement de la forteresse de Colberg, mais aussi du camp retranché avec ses défenseurs.

En effet, la situation devenait de plus en plus critique pour le roi de Prusse : le premier contingent de l’armée de Laudon, 5 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie, destiné à renforcer l’armée de Saxe, était parti le 23 (1); le bruit se répandait qu'il se joignait au corps de Beck pour tenter un raid sur Berlin; il avait fallu renoncer à voir Romanzow lever le siège de Colberg, et même la position de Wurtemberg inspirait les plus vives inquiétudes. « Les affaires de Poméranie, écrit Frédéric à son frère (2), sont plus mauvaises que vous ne le croyez, tout est à craindre et presque rien à espérer. Je suis d'autant plus embarrassé de votre situation que je n’v puis porter aucun remède, il ne me reste ici que 36 bataillons après les détachements que j'ai été obligé de faire. Tout ceci est bien triste. »

Le dernier détachement envoyé de l'armée royale était

(1) Montrozard à Choiseul, Freyburg, 23 octobre 1761. Archives dela Guerre. (2) Frédéric à Henri, Strehlen, 5 novembre 1761, Corr. Polit., XXE, p. 65.

Page 1