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veut pas admettre l’abdication de son chef. « Mais, Monsieur, n’êtes-vous plus mon général et mon chef, croyezvous que je l’oublie jamais ; suis-je partie bastante pour me mêler en mon propre et privé nom, je ne dis pas d’affaires aussi délicates, mais même d’affaires courantes et ordinaires du service de la place ? Ai-je quelque titre, quelque autorité pour cela? Quand même je serais assez imprudent pour l’entreprendre, qui est-ce qui m'obéirait? Qui est-ce qui me jugerait bien et dûment autorisé ; ètesvous rappelé, vous êtes-vous démis de vos pouvoirs, vivez-vous enfin, n'est-ce pas à vous à qui le Roi nous a confiés; suis-je autre chose ici que le premier subalterne pour vous obéir et non pour commander, décider, capituler à vos yeux? Non, Monsieur, tant que vous vivrez, tant que je vous verrai revêtu de vos pouvoirs, je ne puis rien imaginer, rien exécuter, rien prétendre que par vos ordres exprès et je vous conjure de ne point exiger autre chose de moi, ce serait contre mon devoir. »
« Ordonnez, Monsieur, commandez les choses les plus difficiles, j'obéirai avec zèle et ardeur, mais comnandez. »
Le dernier paragraphe vise la capitulation particulière que Lally entendait faire pour sa personne : « Vous m'envoyez le modèle de la capitulation particulière que vous voulez faire pour vous avec M. Coote quand le temps viendra; mais nous abandonnerez-vous quand le temps viendra, s’il vient, n'est-ce pas à vous à faire notre sort, ou à nous à suivre le vôtre. »
A cette lettre respectueuse et sensée, Lally répondit (1) en termes auxquels il s'efforce de donner une tournure ironique, mais qui ne sont en réalité qu'incohérents : « J'ai lu. Monsieur, le vocabulaire français que vous m'avez ‘ait l'honneur de m'envoyer, que vous me permettrez de vous dire n'être point une réponse à la lettre que
(1) Lally à Landevisiau, 27 décembre 1760. Archives de la Guerre.