‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 164 sur 230 · REMERCIEMENTS DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

REMERCIEMENTS DE FRÉDÉRIC

Bute dont il m'a recommandé le plus profond secret ». La reconnaissance à laquelle Pierre avait acquis les titres les plus éclatants se manifesta dans la réponse de Frédéric du 23 mars que le comte Schwerin fut chargé de porter à Pétersbourg : « Je serais IC plus ingrat, le plus indigne des hommes, si je n'étais pas sensible et reconnaissant à jamais aux procédés généreux de V. M. I. V. M. passe mon attente. Elle me découvre la trahison de mes alliés, Elle m'assiste, quand tout l'univers m’abandonne, et j'ai seul à Sa personve l'obligation de tout ce aui m'arrive d'heureux. Elle veut que je Lui envoie un projet de paix. Je le fais, puisqu’Klle le veui, mais je me confie à l'ami; qu'Elle dispose comme Elle voudra, je signe tout. Ses intérêts sont les miens, je n’en connais point d'autres... .…. Que Votre Majesté fasse les traités comme Fille voudra, ils seront sûrement conformes à ma volonté. Vos intérêts sont les miens; oui, je le jure, je ne m'en départirai jamais! Je ne puis m'empêcher de le aire à Votre Majesté : Elle donne un exemple de vertu à tous les souverains, qui doit Lui attacher les cœurs de tous les honnètes gens. J'envoie le comte Schwerin qui aura l'honneur de présenter cetle lettre à S. M. I. —- Je devrais envoyer des personnes de plus grand caractère: mais — j'ai perdu pendant cette guerre 120 généraux, il y en a 14 de prisonniers chez les Autrichiens; enfin, notre délabrement est affreux. le pourrais désespérer de ma situation, mais je trouve un ami fidèle dans un grand et des plus grands princes de l’Europe, qui préfère les sentiments de l'honneur aux sentiments de politique.

« Ah, que Votre Majesté ne trouve pas étrange que je mette toute ma confiance en Elle, et si j'en abuse, Elle m'en avertira. » À peu près à la même date, Frédéric apprit que le corps russe de Czernitchew s'était séparé des Autrichiens et avait commencé ses étapes de retour. Par contre, un nouvel embarras surgissait du côté du

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Danemark. Une note de Bernstorff remise à l’envoyé prussien Borcke signalait les allures belliqueuses du nouveau Tzar, rappelait la garantie consentie par la Prusse en 1715 et demandait conseil au souverain de ce pays sur l'attitude à prendre. Frédéric fit, comme bien l’on pense, une réponse évasive et, à titre d'échange de bons nrocédés, envoya à Pétersbourg la lettre de Bernstorff avec une note sur l’armée danoise.

Conformément au désir exprimé par Pierre Il!. Scl:«erin emporta avec lui un projet de traité de pai: d'. jus simples, que le Roi compléta par un document plus détaillé. Ce dernier contenait (1) la restitution des provinces conquises sur la Prusse pour laquelle « l'Empereur s’est déjà expliqué lui-même de la manière la plus aimable et la plus positive ». Un article séparé portait l'engagement « d'entamer, immédiatement après la paix signée, la négociation d’une alliance telle que l'Empereur la souhaitera et dans laquelle on pourra stipuler les garanties réciproques de la Silésie et du comté de Glatz d’un côté, et celle du duché de Holstein de l’autre, et fixer en même temps selon les désirs de ce prince les secours des troupes à fournir de part et d'autre ». À ces propositions dont l'initiative était venue de Pétersbourg, Frédéric er: avait ajouté une autre relative à l'inclusion de la Suède dans le futur arrangement. Le terrain ainsi préparé, les affaires ne trainèrent pas; le traité de paix entre la Russie et la Prusse fut signé à Pétersbourg le 5 mai, recu par Frédéric au camp de Bettlern le 21 mai et aussitôt ratifié par lui : « Si j'étais païen, écrit-il (2) à Pierre, j'aurais érigé un temple et des autels à V.M. I., comme à un être tout divin, qui donne des exemples de verta

(1) Frédéric et Finckenstein à Goltz, Breslau, 27 mars 1762. Correspondance polilique, XXI, p. 319.

(2) Frédéric à Pierre, Bettlern, 21 mai 1762. Correspondance politique, XXI.

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