‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 17 sur 230 · LE BLOCUS EST RÉTABLI · texte numérisé non relu

LE BLOCUS EST RÉTABLI

à l'abattement maladif qui s'était emparé de lui. Quelle que fût la cause de son inactivité, Lally ne sut pas profiter du dernier répit que lui laissait la fortune; il se contenta d'envoyer à tous les agents français de la côte une circulaire énergique (1) demandant l'envoi de provisions : « L'escadre anglaise n'existe plus, Monsieur, de douze vaisseaux qu'ils avaient dans notre rade, il y en a sept de perdus, équipages et tout, les quatre. autres sont démâtés, et il parait qu'il n’y a pas plus d’une frégate qui ait échappé; ainsi ne perdez pas un instant pour nous envoyer chelinges sur chelinges chargés de riz... Offrez de grandes récompenses. J'attends sous quatre jours 17.000 Mahrattes. Enfin, risquez tout, tentez tout, forcez tout et envoyez-nous du riz, ne fût-ce qu'une demi-garse à la fois. »

Le désastre de la flotte, quoique sérieux, avait été exagéré ainsi qu'il ressort du rapport (2) de l'amiral : Une tempête subite et imprévue, survenue dans la nuit du 1° au 2 janvier, l’a obligé à couper les câbles et à prendre le large; revenu le # sur la rade de Pondichérv, il a constaté la perte de 3 vaisseaux avec presque tout leur équipage, l’échouement de 3 bâtiments, enfin # vaisseaux démâtés et hors de service. Malgré ces sinistres, le service de blocus à peine interrompu fut repris avec l’arrivée du reste de l’escadre sans avaries graves. La lettre circulaire de Lally au sujet du ravitaillement était tombée entre les mains des Anglais, aussi leur premier soin fut-il d'arrêter toute tentative de ce genre. Stecvens écrivit aux gouverneurs des postes danois et hollandais de la côte qu'il avait à sa disposition et en état 11 vaisseaux de ligne et 2 frégates, que Pondichéry était bloqué par mer et par terre et que si, contrairement au code international, des secours étaient envoyés par des neutres, il était bien dé-

(1) Lally à Raymond, Pondichéry, 2 janvier 1761. Affaires Etrangères. (2) Steevens à Clevland, Pondichéry, 6 février 1761. Record Office.

cidé à saisir tout navire ou bateau qui en serait chargé. La mème activité fut déployée en ce qui concernait les ouvrages de l'attaque, non seulement les dommages de la tempête furent réparés, mais une dernière batterie de 11 canons de 2% fut achevée le 13 janvier à 500 mètres de l'escarpe, et vint s'ajouter à celles qui tiraient sur l'enceinte.

La situation de Pondichéry était désespérée, les dernières provisions si péniblement trouvées par Landevisiau et Lavaur étaient épuisées. Le 14 janvier, Lally convoqua un conseil de guerre auquel fut invité le gouverneur Leyrit, celui-ci ne s'y rendit pas ot réunit de son côté le conseil civil qui nomma une délégation chargée de traiter avec le colonel Coote du sort des habitants. Les délégués, munis d'un projet don: les clauses n'étaient pas en rapport avec les circonstances, se rendirent le lendemain 15 au camp anglais, mais quand ils voulurent aborder le sujet de leur mission, Coote leur opposa une lettre de Lally datée du matin (1). « Les troupes du Roi et celles de la Compagnie se rendent, faute de provisions, prisonnières de guerre de Sa Majesté Britannique, aux conditions du cartel que je réclame également pour tous les habitants de Pondichéry, aussi bien que pour l'exercice de la retigion romaine, les maisons religieuses, les hôpitaux, les chapelains, chirurgiens. domestiques, etc., me référant à la décision des deux Gaurs pour une réparation proportionnée au violement d’un traité si solennel. »

En outre de cette capitulation à discrétion, la lettre ne contenait que les dispositions nécessaires pour la prise de possession de la ville par les Anglais et le paragraphe final. « Comme mon pouvoir est borné par le cartel dans la déclaration que je fais à M. Coote, je consens que MM. du Conseil de Pondichéry lui fassent leurs représentations,

(1) Lally à Coote, Fort Louis devant Pondichéry, 15 janvier 1761. Affaires

Etrangères.

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