‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 179 sur 230 · PROCLAMATION DE CATHERINE · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DE CATHERINE

bien d’autres d'ordre inférieur. Au premier rang figurait Grégoire Orlow : « IL portait, écrit Keith, le ruban de Saint-Alexandre et la clef de chambellan, c'est un bel homme à maintien très modeste, je ne me rappelle pas l'avoir jamais rencontré. »

a nouvelle Impératrice n'avait pas attendu la fin de la révolution pour prendre la direction de la politique étrangère ; au cours de la journée même du 9 juillet elle adressa (1) aux représentants des cours étrangères une communication leur notifiant son avènement au trône et les assurant de son intention invariable « d'entretenir la bonne amitié avec les souverains leurs maitres ». Cette note fut suivie quelques heures plus tard d’une proclamation (2) qui contenait le passage suivant : « En second lieu, la gloire de la Russie, portée au plus haut degré par ses armes victorieuses et au prix de son sang, vient d'être foulée aux pieds par la paix nouvellement conclue avec son plus cruel ennemi. » C'était une véritable déclaration de guerre adressée au roi de Prusse. Dans le courant de la soirée parut une édition revue et corrigée dans laquelle les mots « son plus cruel ennemi » avaient disparu et étaient remplacés par une phrase moins agressive : « La gloire de la Russie... vient d’être sacrifiée à ses ennemis mèmes par la paix nouvellement conclue. » IL était impossible de ne pas comprendre le roi de Prusse parmi «les ennemis », mais il n’était pas désigné pour ainsi dire nominativement. La modification apportée et Les efforts tentés pour faire disparaitre le premier texte semblent indiquer qu'il y avait eu lutte entre Les principaux conseillers de Catherine et que cette princesse après avoir cédé à son premier mouvement de colère, était revenue après réflexion à des sentiments plus pondérés,

(1) Communication de Catherine aux ministres étrangers, 9 juillet 1762. Affaires Étrangères.

(2) Proclamation de Catherine, 9 juillet 1762. Affaires Étrangères.

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Cette modification n'était pas pour plaire à Mercy. A peine les illuminations en l'honneur de l'avènement de Catherine II étaient-elles éteintes, et la populace remise de la débauche que lui avait offerte l'ouverture gratuite de tous les débits de Pétersbourg, que Mercy se mettait en campagne pour rétablir sur l'ancien pied les affaires de la maison d'Autriche. Bien résolu à ne pas accompagner Pierre dans ia campagne qu'il allait entreprendre contre le Danemark, l'ambassadeur de Marie-Thérèse était sur le point de son départ de Pétersbourg, quand il apprit l’heureux événement du {0 juillet; dès le lendemain il fit parvenir à la nouvelle souveraine une note protestant contre le traité de paix que venait de conclure le Tzar déposé : « Toutes les démarches, écrivait-il (1), qui tendraient à l’accomplissement pur et simple d’une paix avec l'ennemi commun, paix aussi injuste que désavantageuse à cet Empire, seraient en quelque facon et contre les propres intentions de S. M. l'Impératrice de Russie, une confirmation de l'abandon qu'ont éprouvé dans ce dernier temps de la part de cette Cour ses anciens alliés; d’où il résulte que siS. M. Impériale croit par une suite des circonstances présentes devoir faire des sacrifices, il y va du moins de sa gloire et de l'intérêt de son Empire de les faire retourner à l'avantage de ses fidèles alliés et par conséquent à l'utilité de son État.

« Il ne pourrait d'ailleurs exister de trait plus glorieux pour S. M. l’Impératrice que :elui de signaler les premiers instants de son règne par imposer la loi à l’ennemi commun.

« C’est ce que sera maintenant au pouvoir de Sa Majesté Impériale, si elle veut bien suspendre toute démarche authentique et positive relativement à la confirmation de la paix conclue avec le roi de Prusse, avant qu'il n’y

(1) Note annexée à la dépèche de Mercy à Kaunitz du 13 juillet, Archives de Vienne.

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