‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 180 sur 230 · MERCY AGIT · texte numérisé non relu

MERCY AGIT

fût ajouté des conditions en faveur des puissances alliées, et que celte Cour ne s’en soit expliquée avec elles ».

Mercy se sentait autorisé à tenir ce langage par la phrase, même corrigée, du manifeste, et parles ordres donnés de suspendre l'évacuation de la Prusse royale; ces symptômes paraissaient indiquer un retour à l’ancienne politique d’Élisabeth, mais si telle fut la première pensée des nouveaux gouvernants, elle ne dura guère. Czernitchew qui, le 18 juillet, avait informé le roi de Prusse des événements de Pétersbourg et de son rappel, lui déclara le 20 de la part de l'Impératrice (1) « qu'Elle était résolue de s'en tenir à la paix conclue avec l'Empereur, selon toute sa teneur, mais qu'Elle trouvait à propos, vu les circonstances, de retirer ses troupes tant de Silésie que d’ailieurs ». Cette information fut confirmée à Pétersbourg par une note remise à Goltz, le ministre prussien, portant la date du 11 juillet (V. S.) et qui n’était postérieure à la révolution que de 13 jours (2). « S. M. l’Impératrice est fermement et invariablement intentionnée de vivre en paix et bonne intelligence avec toutes les couronnes ainsi qu'avec S. M. le roi de Prusse. » La pièce ajoutait quelques explications sur des incidents qui s'étaient produits dans la Prusse royale et intligeait, un désaveu implicite au commissaire général Wogekof et au Maréchal Soltikoff qui, de leur propre initiative avaient proclamé comme non avenu tout ce qui s'était passé sous le dernier règne relativement aux pays conquis et avaient fait prêter aux autorités locales un serment d'alliance à Catherine.

La tentative de Mercy était condamnée d'avance à

(1) Frédéric à Finckenstein, Boegendorf, 20 juillet 1762. Corr. Polit., XXII, p. 51. Cette déclaration du 20 n'était que la confirmation de celle du 18; ainsi que le prouve la lettre de Frédéric à Catherine datée du 18.

(2) Note pour Golz,* Pétersbourg, 11 juillet (V. S.) 1762. Corr. Polit. XXII, p, 96.

l'insuccès, À son énergique appel, Panin, qui avait pris le rôle de principal conseiller de la nouvelle souveraine, répondit (1) en son nom dès le lendemain : le sentiment de ce qu'elle devait à ses sujets et le souci de leur bien et de leur tranquillité lui faisaient un devoir de ne pas continuer une guerre « top onéreuse à son Empire ». Elle ne devait pas cacher à son alliée « le dérèglement dans lequel ses finances se trouvent ainsi que les affaires critiques qui nous menacent sur les frontières de Turquie ». L'ambassadeur reconnaïtrait la vérité de ces faits, aussi comprendrait-il le parti que proposait la Russie « de combiner leurs démarches et leurs intérêts aux circonstances où se trouve notre Empire, qui doit travailler avec d'autant plus d'efficacité à corriger les désordres qui le gènent que, par ce moyen-là, ilse verra plus en état de marquer tout le penchant qu'il a de cultiver la bonne intelligence et de contribuer au bien d’une cour a1ssi chère que celle de l'Impératrice Reine ». Comme dernier et important motif de prudence, Panin invoquait la situation critique du corps de Czernitchew isolé au milieu des forces prussiennes. Tant que ce corps pe serait pas « dégagé et hors de toute insulte, ordre avait été donne de suspendre l'évacuation des pays conquis ». Une note officielle adressée à l’ambassadeur d’Autriche confirma ce langage. En dépit du ton embarrassé de cette pièce et des protestations d'amitié dont elle regorgeait, il était évident que Catherine Il se conformerait aux conditions du traité de paix que son prédécesseur avait conclu avec le roi de Prusse, mais qu'elle ne ratifierait pas la convention d'alliance offensive et défensive qui faisait suite au premier instrument.

Mercy s'en explique verbalement (2) avec Galitzin, l’ancien ambassadeur russe à Londres, qui avait été

(1) Panin à Mercy, 3 juillet (vieux style ) 1762. Archives de Vienne. (2) Mercy à Kaunitz, 24 juillet 1762. archives de Vienne.

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