ENTRETIEN DE MERCY AVEC GALITZIN
appelé à la place de vice-chancslier et qui avec Panin était devenu pour les relations avec les ninistres étrangers le véritable remplaçant de Woronzow. Galitzin commença l'entretien en lui annonçant l'abandon du traité d'alliance avec la Prusse, qui ne serait pas ratifié. Considérez-vous, réplique l'ambassadeur, cette décision comme un sacrifice ou une preuve d'amitié pour ma Cour”? Le diplomate russe évita de répondre et le renvoya à Panin.
Il s'en était fallu de peu que le traité d’auiance offensif et défensif entre la Russie et la Prusse ne fût conclu définitivement; signé et ratifié par Frédéric, il avait été retourné à Pétersbourg où il arriva après les événements.
Le Piémontais Odart qui avait été initié à tous les secrets de Panin et de la Dashkowa, dans une conversation avec l'ambassadeur Chatelet (1) lors de son passage à Vienne, fournit sur le document des renseignements curieux et probablement véridiques. D'après son récit, le texte préparé « était entièrement conforme à ce que nous en avions su, et il ne contenait point d'articles secrets, mais à la vérité, le feu Empereur et le Roi de Prusse étaient convenus verbalement par la voie de leurs ministres, de faire tout leur possible pour anéantir la puissance autrichienne, pour placer le prince Henri sur le trône de Pologne et pour donner au prince George le Duché de Courlande. Pour remplir avec plus d’assurance le premier objet, le roi de Prusse avait fait part à Pierre IL du traité offensif et défensif qu’il venait de conclure (2) avec la Porte, et la copie authentique avait été trouvée dans les papiers du ci-devant Empereur ».
(1) Chatelet au comte de Choiseul, 7 septembre 1762. Affaires Étrangères.
(2) 11 s'agissait d'un projet de traité d'alliance contre l'Autriche dont le texte avait été approuvé à Constantinople. Le traité ne fut pas signé, Correspondance Politique, XXIX, p. 35.