MAINTIEN DES BONS RAPPORTS AVEC VIENNE
joneture, ne devait pas se réaliser. Selon lui, la nouvelle politique chercherait à ménager les cours rivales, sans prendre parti pour l’une ou l’autre; si on était bien décidé à ne pas renouveler la guerre contre la Prusse, on entendait maintenir de bons rapports avec l'Autriche. C’est ainsi qu'une communicalion du ministère russe (1) vint démontrer l'importance qu'attachait la cour de Russie à rétablir avec l’ancienne alliée les relations cordiales d'autrefois. Sur les premiers avis de la révolution, le maréchal Soltikow avait cru à la reprise des hostilités. Il avait fait arrêter un courrier prussien et expédié à Pétersbourg les dépêches qu'on lui avait enlevées ; la principale pièce était une lettre (2) du roi de Prusse au Grand Vizir, datée du 13 juillet. Dans cet écrit, le roi exprimait sa satisfaction d'apprendre par son envoyé Rexin que « V. E. est disposée à mettre la dernière main au traité d'alliance défensive entre moi et la Sublime Porte... je ne mets aucun doute dans les promesses de V.E. et qu’en conséquence je compte sûrement qu’immédiatement après la conclusion de cette alliance la Sublime Porte rompra incessamment avec la cour de Vienne et lui déclarera formellement la guerre ». Panin laissa à l’ambassadeur une copie des documents interceptés et l'informa que l’Impératrice avait tenu à avertir l'Autriche du danger qui la menaçait et à lui donner ainsi une preuve de sa confiance et de son amitié. Tout en se félicitant des promesses plus favorables pour l'avenir et des dispositions meilleures de Panin, Mercy ajoute : « Quant au présent, tous mes efforts et toutes mes représentations ontété en vain et n’ont pas produit le moindre effet, » Pendant que l'actif représentant de l'Autriche s’efforcait sans grand succès, d’ailleurs, de regagner pour sa
(1) Mercy à Kaunitz, 31 juillet 1762. Archives de Vienne. (2) Frédéric au Grand Vizir, Seitendorf, 13 juillet 1762.
Archives de Vienne, Correspondance Politique, XXI, p. 22.
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cour le terrain perdu pendant les six mois du dernier règne, Frédéric faisait face avec son adresse habituelle aux difficultés que lui créait la révolution de Pétersbourg. C'est le 18 juillet qu'il l'apprit par une communication de Czernitchew : « Je vous annonce, écrit-il à Finckenstein (1), la très fâcheuse nouvelle du détrônement de l'eripereur de Russie, L'Impératrice a été déclarée régente et le général comte Tschernischew vient de recevoir l'ordre de se séparer de mou armée. Il se propose de rester encore jusqu'au 22 de ce mois. Il faudra voir quelles seront les suites de ce grand événement, » Frédéric, après la mort de l’impératrice Élisabeth, s'était montré disposé à entretenir de bonnes relations avec Catherine, mais il avait été avisé par Keith et Mitchell qu'il fallait choisir entre les deux époux et l'attitude de Pierre était telle que sur la préférence à donner il ne pouvait y avoir doute; Goltz à en juger par la demande de remplacement dont il prit lui-même l'initiative n'avait pas eu de grands égards pour la princesse; d'autre part, le roi de Prusse avait envoyé à la favorite Woronzow un cadeau qui fort heureusement pour le donateur ne parvint pas à destination en temps utile. Ces précédents n'étaient guère encourageants; cependant Frédéric n'hésita pas à écrire à la nouvelle souveraine à l'occasion de son avènement (2). Aux souhaits de circonstance, il avait eu soin d'ajouter ses remerciments pour le message apporté par Czernitchew « qu'elle confirmerait la paix que l'Empereur a si généreusement faite avec moi. Je la prie d'être assurée que je tâcherai de mon côté de cultiver, autant qu'il sera en moi, la bonne harmonie et l'intelligence rétablie entre les deux nations ».
(1) Frédéric à Finckenstein, Seitendorf, 18 juillet 1762. Correspondance Politique, XXII, p. 42.
(2) Frédéric à Catherine, Seitendorf, 18 juillet 1762. Correspondance Politique, XWUX, p. 42.