IL ESPÈRE POUVOIR COMPTER SUR LA NEUTRALITÉ
fiant les rapports intimes du règne précédent, n’amènerait pas un retour à l’ancien système. Dans un entretien avec Mitchell (1), en réponse à une question dé celui-ci sur la suite que l’Impératrice donnerait aux projets d’alliance des deux cours, Frédéric déclara qu'il ne fallait pas espérer son nühésion, mais qu'il croyait pouvoir compter sur une neutralité absolue de sa part.
Évidemment, Catherine aurait sa politique à elle, qui ne serait ni celle de Pierre, ni celle d'Élisabeth; elle ne se désintéresserait pas des affaires d'Allemagne, mais se bornerait probablement à offrir sa médiation pour ja paix générale. Un post-scriptum d'une lettre de Frédéric à Goltz en date du 3 août annonce la démarche que Repnin venait de faire auprès de lui à cet effet; il lui avait répondu par des banalités sur son désir du rétablissement dè la tranquillité.
Pour les conseils pacifiques que la cour C7 Nord cherchaïit à donner au roi de Prusse, ell: » irait voulu obtenir l'appui de l'Angleterre. Conformém2.t aux ordres de sa souveraine, Woronzow entreprit Keith (2) à ce sujet; il prit texte des paroles que Frédéric aurait dictées à Czernitchew, quand ce dernier prit congé de lui. «Il aurait donné à entendre que sa confiance dans l'amitié de l'Impératrice était telle qu'il n’hésiterait pas à remettre les intérêts de la Prusse entre ses mains ct, comme preuve à l'appui, il serait heureux d'obtenir ses bons offices en vue de la paix. » Woronzow déclara en terininant qu'on serait très reconnaissant à la cour de Saint-James d'entrer dans ces vues. Il est presque superflu d'observer que celle-ci, quand elle reeut cette invitation, n’était ni disposée, ni en état de lui donner suite: fort engagée avec la France, d'accord avec cette puissance pour amener la (1) Mitchell à Grenville, Breslau, 1°" et ® août 1762. Corr. Polil., XXH,
(2) Keith à Grenville, 28 juillet. Hardwicke papers.
conciliation de l'Autriche et de la Prusse, elle avait essuyé de la part de cette dernière un refus sec de la médiation offerte et se souciait peu de renouveler la tentative. Quant à Frédéric, il n'était guère partisan d'une paix immédiate; il venait de repousser les propositions de participation aux pourparlers de l'Angleterre avec la France; 1lse croyait sûr d'une diversion des Turcs contre
l'Autriche: le siège de Sschweiïdnitz était commencé; il était plein d'espoir dans le succès de la campagne. « J’es-
, père donc, écrivait-il à son frère (1), que ceci fera dans peu de temps une forte impression sur la cour de Vienne, que vous prendrez alors sûrement Dresde et moi Schweidnitz, que selon les circonsia: ces vous pourrez peut-être encore prendre Prague, si la garnison n’en est pas trop nombreuse, du moins prendre des quartiers d'hiver en Bohème et moi en Moravie. Cela fera la paix, mon cher frère, mais nous ne l'aurons que vers le printemps qui vient. » L'échec infligé à une tentative de Daun pour la relève de Schweidnitz vint confirmer ces prévisions opti mistes.
Le roi de Prusse avait fixé sa ligne de conduite : poursuivre la guerre à outrance, tirer des premiers succès le plus de parti possible et pour avoir les mains libres du côté de la Russie, entreten’r avec cette puissance de bons rapports, tout en se dérobant à ses velléités d'interven tion. Afin d'atteindre ce dernier but, il y avait deux diffi cultés à surmonter, l’une personnelle à l'envoyé Goltz, qui s'était trop compromis auprès de Pierre IT et dont l’impératrice souhaitait le rappel, l'autre provoquée par l'attitude du Khan de Tartarie qui me voulait pas se r'endre compte que l'attaque contre la Russie, désirée par
1 Frédéric à la fin de 1761, n’était rien moins qu'opporthne en août 1762. Quant à la Porte, son intervention devenail
(1) Frédéric à Henri, Dittmunsdorf, 4 août 1762, Corr. Polit., XXI, p. 110
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paix s de c la ntre é; il J'esdans nne, reid- -être trop r en cher qui v la pti
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