‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 194 sur 230 · QUESTION DE POLOGNE · texte numérisé non relu

QUESTION DE POLOGNE

James et le successeur de Keith le comte de Buckinghanshire. Une dépèche très secrète de ce dernier (1) en date du 25 novembre commenre par donner ses impressions sur les hommes d'état russes : « Plus j'ai de rapports avec ces personnages et moins je les crois capables de diriger les affaires d’une grande nation. Le chancelier a l'air, les manières d’un hemme de condition, mais s’il a jamais eu des moyens ils ont été bien diminués; sa vigueur intellectuelle et corporelle a été trop atteinte pour qu'il soit capable du labeur intense que demande sa situation.

«M. Bestucheff est vieux et parait encore plus vieux; s’il est encore aujourd’hui à même de travailler, cela ne peut pas durer longtemps. On dit qu'on le consulte beaucoup et sa conduite à mon égard indique qu'il désire qu’on le pense. M. Panin, qui semble mieux qualifié que la plupart des ministres russes pour tenir la première place, partage probablement avec lui la confiance de l’Impératrice. Mais l’Impératrice elle-mêne d’après les observations que j'a’ pu faire, et les lumières que je me suis procurées, est sous le rapport du talent, des connaissances, de la facilité, bien supérieure à tout le monde dans ce pays. Gênée par les services qu'on lui a rendus, dans ces temps derniers, consciente d:s difficultés de sa situation dans l’appréhension des dangers dont elle s’est crue entourée, elle n'ose pas encore agir d’après son propre sentiment et se débarrasser de bien des gens de son entourage dont elle doit mépriser le caractère et la capacité. Pour le moment, elle saisit tous les moyens de gagner la confiance et l'affection de ses sujets. Si elle réussit elle fera servir l'autorité qu'elle aura acquise pour l’honneur et l'avantage de son empire. »

Pour Catherine, la question prédominante était celle

(1) Buckinghamshire à Halifax, Moscou, 25 nov. M. 5. 1762, très secret, Record office.

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de la succession au trône de Pologne dont la santé compromise du roi faisait prévoir la prochaine ouverture. Elle fit sonder à cet égard le gouvernement britannique. Sur la demande expresse de l'Impératrice, l'ambassadeur fat (1) chargé de faire part au roi d'Angleterre sans retard des préoccupations que donnaient à la Tzarine la santé du roi de Pologne et l'élection probablement prochaine de son successeur. Il était essentiel pour la tranquillité de la Russie, que le roi de Pologne füt un ami; la Tzarine était inquiète des projets et des intrigues de la cour de France; comme elle souhaitait dans cette affaire agir de concert ét en confiance avec le roi de la Grande-Bretagne, elle serait très heureuse de connaitre sa pensée et ses intentions à ces sujets. « Au cours de l’entretien ils (le chancelier et Galitzin) ont abordé une question, laquelle à ce que je crois, d’après les fréquentes allusions qu'ils y font, les intéresse beaucoup, la situation malheureuse de la maison d'Autriche; j'ai saisi l'ercasion de leur dire que dès mon arrivée ici, je m'étais rendu compte de leurs dispositions favorables pour cette cour et que j’en avais fait l'observation dans mes dépéches. Ils l'ont reconnu très franchement, mais ont ajouté de suite qu’ils désiraient vivre en bonne amitié avec le roi de Prusse. Le nouveau ministre de Prusse quoiqu'il soit ici depuis trois semaines, n’a pas dit un seul mot au grand chancelier ou auprince Galitzin qui ait le moindre rapport aux affaires. »

D'après l’'envoyé anglais, le cabinet russe se gardait bien d'épouser le parti du roi de Prusse dans ses récriminations contre le gouvernement anglais; il cherchait même à se laver du reproche d’avoir communiqué à Frédéric la dépêche de Bute, dont la connaissance avait tant aigri l'esprit de ce prince, mais,ajoute Buckingham-

(1) Buckinghamshire à Halifax. Moscou, 28 décembre N. S. 1762. Record oflice.

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