QUELLES SONT $):8 RESSOURCES
battants. Je ne puis pas donner des chiffres exacts pour les garnisons de Silésie, Saxe, Poméranie, etc... mais je crois qu'il peut y avoir de #0 à 50 bataillons, moitié milices ou levées à peine disciplinées, allectées à ce service.
« Comme au cours de la campagne, il n'y à pas eu de bataille générale et très peu de marches, j'imagine que l’armée de Silésie a souffert très peu et d'après mes renseignements est en ce moment en excellent état à l’exception des détachements envoyés sous les généraux Platen et Schenkendorf qui ont dù subir des pertes considérables; je ne pense pas que leur effectif dépasse 8 à 10.000 hommes. J'estiine aussi que le déchet du prince Henri ou du prince de Wurtemberg est également sensible.
« En résumé, j'évalue à 25.000 le nombre des recrues nécessaires pour rétablir le chiffre des forces prussiennes au moment de l'entrée en campagne. De quelles ressources peut disposer le Roi pour combler ce vide?
« J'ai entendu dire que les Autrichiens aussi bien que les Russes se sont conduits avec beaucoup d’inhumanité et de barbarie à l'égard des habitants de la Silésie, qu'ils ont dévasté les contrées traversées, que beaucoup de paysans silésiens de la frontière polonaise se sont réfugiés en Pologne, que les Autrichiens qui occupent Landshut et les montagnes où l’industrie de la toile a son siège principal ont par leurs exactions et leur oppression, réduit les habitants aux dernières extrémités, que la nouvelle marche de Brandebourg a soutfert prodigieusement du passage de l'armée russe, que la province de Poméranie dans un rayon de plusieurs « milles » autour de Colherg et de sa banlieue est transformée en désert. De ces informations, si elles sont à peu près véridiques, je conclus que le Roi aura plus de peine à recruter son armée qu'il n’a jamais eu jusqu’à présent. D'autre part, il
a encore à sa disposition des cantons de recrutement qui n'ont pas été soumis à l'invasion et qui continucront à fournir leurs contingents réguliers. Quelques corps ont souffert exceptionnellement et auront de la peine à remplir leurs vides, mais il y a encore des ressources, surtout pour la cavalerie qui à été moins éprouvée que linfanterie et il sera possible de puiser de ce côté quelques recrues pour les régiments à pied, On dit enfin que $. M. Prussienne songe à lever du monde en Pologne et en Saxe, s'il peut recouvrer le terrain qu'il a perdu dans l’électorat; restent enfin les prisonniers et les déserteurs,
« Quoi qu'ilen soit, vous pouvez être assuré, Milord, que le roi de Prusse n'épargnera aucun eifort humain pour | compléter son armée; j'ignore les moyens qu’il imaginera à cette fin, aussi n'oserai-je pas dire ce qu’il pourra faire, surtout quand j'ai vu de mes yeux l'exécution heureuse de projets qui au moment n'avaient semblé d'une réussite impossible, »
Comme nous l'avons raconté dans un autre chapitre, la mort d'illisabeih et le brusque revirement de la politique russe vinrent modifier la situation et rétablir presque miraculeusement les affaires de Frédéric. Il nous suffira pour le moment de relever les dates des principaux événements : la mort de la Tzarine eu! lieu le 5 janvier 1762; elle fut connue le 19 à Breslau où se trouvait alors le Roi; le 3 février, ordre est donné de suspendre toutes hostilités contre l’armée russe ; le 16 mars un armistice est conclu, les prisouniers sont échangés ; le cours de l’Oder jusqu'à l'embouchure de la Warthe est adopté comme ligne de démareation, le corps de Czerritchew est rappelé de l’armée autrichienne ; le 6 mai, la paix est signée et une alliance défensive conclue entre la Prusse et la Russie, Une période de trois mois à peine avait suffi pour changer du tout au tout la situation des belligérants. La trêve convenue avec les Russes et bientôt avec les Suédois avait