‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 199 sur 230 · ARMÉES DE SILÉSIE ET ARMÉES DE SAXE · texte numérisé non relu

ARMÉES DE SILÉSIE ET ARMÉES DE SAXE

mis à la disposition de Frédéric les renforts indispensables pour réparer les vides de son armée; la rentrée des prisonniers prussiens et l'autorisation de lever des recruss dans la Prusse royale fournirent des ressources précieuses pour le rang et les cadres ;aférieurs, tandis que le retour de captivité des généraux Manteuffel, Werner et Knobloch, des colonels Courbière et Hordt permit au Roi de retrouver des officiers généraux capables et expérimentés. D'autre part, la suppression de toute inquiétude du côté de la Pomérasie et des Brandebourg laissa disponible pour la guerre en Saxe et en Silésie ce qui restait des corps de Platen, du prince Eugène de Wurtemberg ainsi que les détachement: puisés dans les garrisons de Stettin et des places de l'Oder. Grâce à l'appel de e:s contingents variés, l'armée rc ue de Silésie put être portée à un effectif de 78.900 combattants et celle de Saxe compta sur le papier k2.006 hommes, mais ce chiffre ne fut réellement atteint que vers le milieu de l'été; au commencement de juin, c'est à peine si le prince Henri pouvait réunir 30,000 hommes.

C'est à peu de chose près le chiffre que l'attaché militaire français (1) attribue au rince; ii compte les #7 bataillons et 59 escadrons à l'effectif de 500 fantassins et 100 cavaliers. « Il y a, écrit-il, une quantité prodigieuse de malades à l’armée du prince Henri et très peu à celle-ci (l'autrichienne}, Il n'en est pas de même à celle des Autrichiens de Silésie; on en dit qu'elle est presque aussi grande que dans celle des Prussiens; c’est le scorbut qui y fait beaucoup de ravages. » Après avoir fait mention des 12 à 15.008 Autrichiens qui ont recu l'ordre de partir pour la Silésie, le français ajoute : « Il reste encore ici #3 bataillons dont 7 de Croates, 36 compagnies de grenadiers, 85 escadrons dont 6 de uhlans et 8 compagnies de

(1) Marainville «uù duc de Choiseul, Dresde, 1f mai 1762, Archives de Vienne,

carabiniers. M. de Luczinsky est demeuré dans les environs de Zeitz avec environ 7.000 hommes. D’après les derniers renseignements qui me sont parvenus les dernières tabelles données à M. de Serbelloni fournirsnt un état général de 44.462 hommes effectifs sous les armes, y compris les officiers, sans compter l’armée de l’Empire, dont je ne sais point exactement l'état actuel, mais qui doit passer 18.000 hommes. »

Dans ces conditions, Serbelloni était certainement numériquement supérieur à son adversaire, mais par la qualite des troupes, il lui était probablement inférieur et au point de vue de la capacité militaire, sa médiocrité ne faisait pas doute.

Pour en finir avec la comparaison des effectifs, disons que l'écart entre les forces rivales quoique encore en faveur de l’armée impériale s’atténuait beaucoup si l’on tenait compte de la neutralité du coxps de Czernitcaew en attendant son retour en Russie, des maladies dont avaient souffert les Autrichiens pendant l'hiver et du licenciement d’une vingtaine de mille de soldats que le #ouxvernement de Mare-Thérèse avait, par mesure très inopportune d'économie, renvoyés dans leurs foyers. Ces défalcations faites, l’armée de Daun en Silésie comptait encore au commencement de mai un total de 88.000 hommes et celle de Serbelloni en Saxe environ 50.000 y compris les contingents des Cercles. En dépit de sa brillante fin de campagne, Laudon avait refusé le commandement suprême et avait insisté pour qu'il fût couféré à Daun,; le succès de Schweiïdnitz ne lui avait pas fait pardonner la faillite de la coopération projetée avec les Russes, dont l’occasion était définitivement perdue depuis les nouveaux évé1ements de Russie; il avait accepté de servir à la tête d'un corps d'armée sous les ordres du généralissime.

Peu de temps après la mort d'Élisabeth, on tint à

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