‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 200 sur 230 · PREMIÈRES HOSTILITÉS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES HOSTILITÉS

Vienne, le 30 janvier 1762, un conseil des ministres auquel assistèrent Daun et Laudon. On examina les conséquences du revirement politique de la cour du Nord, mais on se contenta de prendre quelques précautior:s pour la défense de Glatz et d'attendre les événements. Le 16 février, en transmettant à l'Impératrice Reine les nouvelles de Pétersbourg, Kaunitz lui écrivait (1) : « Comme il n’y a cependant aucune certitude ni sur le genre ni sur le degré du mal possible, V. M. ne peut jusqu'ici que ce qu’elle fait, c’est-à-dire se tenir prête à tout ce qui peut arriver. » Un mois plus tard, le 16 mars, le départ de Czernitchew avec son corps d'armée était devenu uu fait accompli et on avait reçu la déclaration russe invitant la cour de Vienne à suivre l'exemple de Pierre IH et à faire la paix avec la Prusse en sacrifiant ses conquêtes. A cette invite, on avait répondu d'une façon évasive. Étant donnée la mentalité de la cour de Vienne, les projets élaborés devaient imposer un caractère purement défensif à la campagne de 1762 et ne viser que la conservation du territoire occupé en Saxe et eu Silésie, et notamment des places fortes de Dresde et de Schweïidnitz.

Les premières hostilités avaient éclaté en Saxe dès le mois de janvier, elles avaient été signalées par des efforts de la part des Prussiens pour étendre leurs quartiers d'hiver beaucoup trop resserrés. Ces efforts échouèrent devant la supériorité des Autrichiens ; jusqu’au début du mois de mai la tranquillité ne fut troublée que par une petite guerre dans laquelle les troupes du prince Henri, composées en grande partie de régiments irréguliers mal recrutés, eurent, en général, le dessous. Le début de l’année fut marqué par des démêlés entre le Roi et son frère le prince Henri. Ce dernier, toujours très susceptible, se plaignait à la fois des faibles movens mis à sa

(1) Kaunitz à l’Impératrice Reine, 16 février 1762. Archives de Vienne. GUERRE DE SEPT ANS. — T, Ve 25

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disposition et des sévérités exercées sur les malheureux Saxons pour leur arracher des contributions en hommes et en argent. Henri offrit sous prétexte de santé une démission que le Roi se refusa même à envisager. « Vous ne devez pas vous attendre à aucune autre réponse de ma part, lui écrit-il (1), sinon que je ne donnerai jamais mon agrément à ce que vous y dites de la résolution prise, de laquelle votre honneur, votre réputation et votre devoir envers l'état vous doivent faire revenir de vous-même, d'autant que les conjonctures présentes ne permettent point que vous quittiez l’armée confiée à vos soins. Ainsi je continuerai encore à vous écrire pour vous communiquer mes nouvelles, mais non pas pour entrer au susdit sujet. » Les considérations mises en avant étaient trop importantes pour ne pas l'emporter et après échange de nouvelles lettres, rédigées sur un ton des plus acerbes, la démission fut retirée; le prince reprit son commandement et conduisit contre l'armée des alliés une série d'opérations couronnées d’un plein succès.

Au cours de l'hiver, les Autrichiens s'étaient employés à fortifier le cours de la Mulda; les hauteurs de la rive gauche de cette rivière avaient été hérissées de 7 redoutes armées de canon et la garde de la ligne avait été confiée au général Zeitewitz avec 3.000 hommes, force insuffisante pour garnir une aussi grande longueur de ter’uin. Le prince Henri résolut de mettre à profit cette circonstance ainsi que le manque de vigilance de l'ennemi, l’apathie bien connue de Serbelloni et l’arrivée des premiers renforts pour essayer d’abord de rompre le cordon qui gardait la Mulda, pour tâcher ensuite de reprendre son ancienne position de Freyberg et empêcher les communications entre les Autrichiens à Dresde et l’armée des Cercles. Pour

(1) Frédéric à Henri, Breslau, 15 avril 1762. Cor. Polit., XXI, p. 371. Voir aussi les lettres de Frédéric des 21 et 22 avril et celles du prince

Henri dans Schoening, vol. III.

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