SERBELLONI BLOQUÉ
s'il sera capable de remettre la tête de ce général, qui parait avoir été absolument tournée. »
A partir du milieu de mai, l'objectif du prince Henri fut de bloquer l’armée de Serbelioni, et de forcer ce général à restreindre son action à la défense de Dresde et du camp de Plauen. A cet effet, les Prussiens prirent position depuis Frauenstein dans les montagnes jusqu'à Constappel sur l’'Elbe, entre Meissen et Dresde; leurs avant-postes gardaient la rive du Wilde-Weistritz, la forêt de Tharand jusqu'aux environs de Wilsdruf où ils avaient construit des retranchements. Cette longue ligne quoique bien munie d'artillerie, arme dans laquelle les Prussiens avaient la supériorité, aurait pu être forcée par un adversaire plus entreprenant que Serbelloni, mais celui-ci, bien déterminé à rester sur la défensive, se contenta de demander un nouvel effort à l'armée des Cercles. A la suite du combat de Dübeln, Stolberg s'était retiré à Zwickau où le prince Henri le fit suivre par Baudemer avec un détachement mixte. Le général prussien outrepassa ses ordres et poussa jusqu'à Chemnitz. Stolberg appela à lui les généraux Kleefeld et Luczinski, attaqua Baudemer et l'obligea à se retirer en lui infligeant une perte d'environ 1.000 prisonniers et de 5 canons.
A la nouvelle de cet échec, le prince Henri détacha contre les vainqueurs des renforts sous les ordres du général Kanitz flanqué du major Anhalt à titre de conseiller militaire. Entre les deux partis, il n'y eut d'engagement de quelque importance qu’une attaque dans la nuit du 1°" juin dirigée par les généreux Maquire et Buttlar contre le colonel (promu général) Kleist qui, très inférieur en nombre, fut forcé de repasser la Wilde-Weistritz. Les Autrichiens qui s'étaient également portés contre Hulsen à Grumbach, ne poussèrent pas à fond leurs avantages et chacun regagna ses positions. La petite guerre continua jusqu’à la
mi-juin. Renforcé vers cette date par la cavalerie de Belling que la paix conclue avec la Suède rendait disponible, le prince Henri envoya Seydlitz à la tête d’une division combiner avec Kanitz contre les Impériaux une opération qui eut le résultat de leur faire abandonner le territoire de la Saxe. Le 17 juin, Stolberg avait reculé jusqu’en Franconie; Kleefeld était à Hof et Luczinski à Asch. Ils y furent suivis par Seydlitz et Belling. La retraite de l’armée des Cercles décida Serbelloni à sortir de son inaction et à tenter vers la fin de juin, à Braunsdorf, contre l’extrémité des lignes prussiennes appuyée à l'Elbe, une attaque qu'il dirigea en personne, mais qui ne fut pas poussée à fond et à laquelle le canon du prince Henri le fit renoncer. Quelques jours après, les Prussiens, beaucoup plus actifs et entreprenants, firent une incursion en Bohême. Kleist, qui fut chargé de l'opération, déboucha de Freyberg avec une colonne volante, entra en Bohême le 1°" juillet, eut quelques succès partiels, leva des réquisitions, s’empara : de mag'isins et jeta l'alarme dans la province. Il fut rappelé en Saxe pour s'opposer à un retour de Stolberg qui sur les ordres réitérés de son chef s’efforçait de rentrer dans l'électorat. L’attitude résolue de Seydlitz et l'approche de Kleist mirent fin aux velléités agressives des Impériaux. L'armée des Cercles reprit le chemin de la Francouic; le 24 juillet, elle était campée aux environs de Bayreuth attendant l'attaque des Prussiens, qui d’ailleurs ne se produisit pas. Seydlitz, avisé de la révolution de Russie, avait cru prudent de se rapprocher du prince Henri; aussi après une poursuite qui n'avait pas dépassé Hof, était-il retourné le 27 juillet à Zwick; Kleist était rentré à Friedberg.
Revenu le 4 juillet, Kleist avait été dépêché une seconde fois en Bohème; il s’y était heurté à un détachement des troupes du général Blouquet que Serbelloni avait envoyé pour la défense de la Bohême. Il y eut une rencontre où