‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 204 sur 230 · CONCENTRATION · texte numérisé non relu

CONCENTRATION

ditions, il était temps de commencer les hostilités. Le quartier général royal vint s'établir le 16 mai au village de Betilern, dans le voisinage de Breslau; déjà Daun avait pris les devants; nvec le gros de ses troupes, environ 40.000 hommes, il était campé à Kunzendorf sur les montagnes, avec Les 7.000 hommes de Brentano en avantgarde sur le Zobtenberg; Laudon avec une vingtaine de mille combattants entre Silberberg Wartha. Bettlern, avec 10.000 aux environs de Jaegerndorf. Frédéric évaluait l'armée autrichienne à 120 bataillons et à plus de 32 régiments de cavalerie; « le maréchal Daun (1) s'est mis à l’heure qu’il est sous la toile; mais pour moi, écrit le Roi, je continue à faire encore cantonner mes trouves, de façon néanmoins qu'elles se trouvent fort resserrées et à portée C'être assemblées en quelques heures de temps. La position de l'armée ennemie est pour le présent entre le Zobtenberg et la Schweidnitz Wasser ».

Dès les premiers jours de mai, Daun avait entrepris une tournée d'inspection des troupes et des garnisons uv Silésie ; il rend compte à l’Impératrice (2) : Qu'il a trouvé la forteresse de Glatz en très bon état; grâce aux travaux exécutés, sa valeur défensive est doublée; sur l’avis du gouverneur Geisrug et de l'ingénieur Gribauval, il propose quelques améliorations qui ne coûteront que 28.000 florins. De Glatz il est allé au col de Wartha où on est en train d'achever et de perfectionner les ouvrages de campagne. Le général Draskowiez est chargé du commandement des troupes cantonnées à Wartha et au Silberserg. À Peterswalde, il a rencoutré Laudon à qui il a remis la surveillance de ce district. Le général prussien Werner vient d'être détaché dans la Haute-Silésie avec

(1) Frédéric à Ferdinand, Bettlern, 19 mai 1762. Corr. Polit., XXI, p. 447.

(2) Daun à l’Impératrice, Reussendorf, 11 mai 1762. Archives de Vienne.

8 à 10.000 hommes; Beck lui sera opposé avec les forces aux ordres de Bethlem. Le 9 mai, continuant son voyage, Daun reconneit le mont Zolten et ses abords et va coucher à Schweianitz. Dans les régiments inspectés, il relève beaucoup de malades, plusieurs corps en ont plus de 1.000 et « 1: nombre s’en accroit de 30 à 40 par jour, si bien qu'il y a plus de 10.000 malades dans cette arinée ». Depuis le mois de novembre jusqu’à avril dernier, elle a eu 3.500 décès que les médecins « attribuent uniçjuement à ja très mauvaise saison pas.ée ». La forteresse de Schweidnitz a été fort améliorée grâce à l’activité du gouverneur et de l'ingénieur et malgré les mois d'hiver pendant lesquels il a fallu travailler.

Quatre jours plus tard son rapport à l'Impératrice est daté (1) de Kratzkau au pied du mont Zobten : le gros de l’armée a quitté les montagnes et s’est établi dans la plaine de Schweidnitz à 2 heures de marche de la place. Les généraux Ellrichshausen et Brentano qui étaient pos- { à la gauche et à la droite de la montagne avaient placé leurs avant-postes de manière à surveiller l’approche d'une attaque de l'ennemi, « que pour mon compte je désire plus que j'espère ».

Daun revient sur les effectifs et l'état sanitaire desquels il n’est rien moins que satisfait : plusieurs régiments qu'il vient d’inspecter ne peuvent former plus d’un bataillon ; ils ont au moins 600 à 700 malades en partie du scorbut, conséquence äe cantonnements trop étroits dans de mauvais villages. Le pire est que le nombre des malades augmente tous les jours; « depuis mon arrivée il croit d'enviren 200 par jours. La cavalerie, ou tout au moins les hommes, ont bon air, mais il n’en est pas de même des chevaux qui ont souffert du manque de foin et de paille. Les cuirassiers ne sont pas au complet ».

(1) Eaun à l'Impératrice, Kratzkau, 15 mai 1762. Archives de Vienne.

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