RAPPORT DE DAUN
Rien de nouveau du côté de l'ennemi qui conserve ses positions autour de Breslau. Le 18 on apprend au quartier général de l’armée de Silésie l'intention de Serbeliloni de passer l'Elbe et d'abandonner ses positions de Dresde et de Plauen. Grand émoi de Daun qui arrête Stampa en marche pour rejoindre les troupes de Silésie. En fait de nouvelles de l'ennemi, il n’a appris qu'un mouvement du Roi sur Grunhubel 4 Scheywick, sans doute une reconnaissance.
Dans une lettre confidentielle à Marie-Thérèse du 25 mai(1),c'est-à-dire âe la mêrne époque, le feld-maréchal se montra fort abattu. Il a été consulté sur le rempiacement de Serbelloni. « Le ma! étant déjà au point que puisqu'il n’en peut devenir pis, je crois qu’il vaudrait tout autant laisser les choses telles qu'elles sont, n'étant presque pas possible qu'il puisse être forcé à Dipoldiswalde ni à Dresde, pour peux qu'il reprenne de leur « triomarolie » (sic) ce qui doit être à l'heure qu'il est. En cas de changement Lascy serait toujours le meilleur, mais Maquire Wied et Lobenstein, tout devrait partir. La même chose devrait se faire par rapport de Laudon, lequel j'ai sondé sans dire d'en être chargé; il m'a parlé naïvement, qu'il ne se trouverait jamais en état de l’accepter et qu'il rendait grâce au Seigneur d'être déchargé du fardeau du commandement, que pour de la sorte il sera toujours prêt à servir où l’on voudra, mais point de comnandement à part. Voilà comme Lascy dira de même et il ne l’accepterait jamais, moyennant quoi je ne saurais en vérité en nommer d’autres. Nous sommes dans la triste situation de n'avoir pas un seul homme avec les qualités requises pour le commandement d’un corps et encore moins d'une armée, »
(1) Daun à Marie-Thérèse, 26 mai 1762. Archives de Vienne. — Cette lettre est écrite moitié en allemand, moitié en français. Nous avons conservé autant que possible les expressions et la construction du texte francais.
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De ces points particuliers, Daun passe en revue la situation que créera à l'Autriche la coopératicn des Russes avec l’armée prussienne, dont le bruit court à Breslau. Il vient d'apprendre que la paix entre la Prusse et la Russie a été proclamée à Breslau et qu'un corps auxiliaire de 30.090 Russes va se joindre à l’armée de Frédéric. « Je me flatte que ce ne sera que leur ruse ordinaire, car si cela serait vrai une iavasion et destruction totale dans la Moravie serait presque inévitable, et si jamais un pareil corps irait à l'armée des alliés, les Français seraient bientôt passé Le Rhin; et qui pourrait alors empêcher que la Bohème ne subissé ie même sort, si un corps d’armée se porte du côté d'Eger, sans faire mention s'il y aurait du sujet à craindre par rapport aux infidèles, qui jusqu’à présent ont été bien plus fidèles que les Chrétiens. En faisant toutes ces réflexions, il paraitrait presque qu’une mauvaise paix serait encore préférable à devoir l'avoir entièrement à la discrétion de l'ennemi, ce qui pourrait arriver si nos pays en seraient envahis..…. Cela est parler en noirceur, il faut espérer le meilleur ainsi à pouvoir éviter l’un et l’autre de si haut mentionnés maux (sic). Mais quand on pense deux compagnies de moins par régiment, ainsi le bataillon de garnison formé seulement de # compagaies pour la plupart demi invalides et recrues. Il en est de même pour la cavalerie, pour laquelle le fourrage n’est assuré que jusqu’à fin juin et cela dans un pays qui n’est presque pas cultivé. Ajoutez à ces circonstances la disette d'argent Voilà ce qui fait quelquefois tomber dans le spleen, ce qui est une mauvaise maladie qu'il faut chasser avec des prompts et solides remèdes. Je voudrai bien avec mon sang et ma vie pouvoir les apporter pour seulement soulager V. M. »
Entre temps, la diversion des Tartares prenait forme; le Khan avait eu une longue conférence avec Boscamp, il formulait ses exigences à l'égard de la Russie et laissait