‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 208 sur 230 · PLAN CONCERTÉ AVEC DAUN · texte numérisé non relu

PLAN CONCERTÉ AVEC DAUN

tation par l'impératrice comme ayant l'avantage de laisser l'ennemi dans le doute sur ses projets et de gagner le temps nécessaire pour arriver à l'armistice désiré.

Il fut donc prescrit à Daun de garder sa position appuyée sur le Zobtenberg, aussi longtemps qu'il n’y aurait pas danger imminent, que les Russes n'auraient pas rejoint l’armée prussienne et que des considérations militaires n'imposeraient pas une autre solution. Serbelloni reçut l'ordre de se maintenir sur la rive gauche de l'Elbe. Un post-scriptum du 6 juin (1) ajoutait quelques considérations sur l'inconvénient d’enfermer dans Schweïdnitz 10.000 hommes qui auraient pu être mieux utilisés en rase campagne. D'ailleurs, à en juger par les sièges précédents, la forteresse n’était pas capable d’une longue résistance. Cela étant, n’y aurait-il pas lieu d'envisager la démolition des fortifications et sa transformation en ville ouverte après évacuation de l'artillerie et des magasins ?

Daun repoussa cette suggestion comme peu praticable et proposa le maintien de l’armée dans sa position actuelle tant que les mouvements de l’ennemi ne l'obligeraient pas à se rapprocher des montagnes pour protéger les frontières de Bohème et du comté de Glatz et pour assurer ses approvisionnements. Conformément au désir de la cour, il chargeait Hadick du poste de Wartha qu'il avait fortifié et maintenait à Beck îe commandement de 16.000 hommes en Haute-Silésie,

La campagne allait commencer en Silésie; déjà le 21 juin, un premier engagement à Heidersdorf près de Neisse avait été heureux pour les armes prussiennes; dans un combat de cavalerie où celle-ci avait été soutenue par la garnison de Neisse, le général Draskowich avec 200 hommes était tombé aux mains des Prussiens.

(1) Cabinet Schreiben an Daun, 6 juin 1762. Archives de Vienne.

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Le 30 juin, le roi annonce (1) l’arrivée du corps auxiliaire russe et le début des hostilités; il félicite le prince Ferdinand de sa victoire de Wilhelmsthal et ajoute : « Il serait à souhaiter que nous eussions à combattre un Soubise. »

Le 1" juillet, l'avant-garde de l’armée royale sous les ordres du comte Wied s’ébranla dans -la direction de Striegau et Hohenfriedberg. ‘

Le but de Frédéric était de devancer son adversaire à Braunau, de détruire le dépôt considérable d'approvisionnements qu’il y possédait et d'obliger Daun à abandonner sa communication par Burkersdorf, et Polnisch-Weistritz avec la forteresse de Schweïidnitz. T'entreprise ne réussit pis. Il y eut un engagement entre Wied et Brentano aux environs d’Adelsbach ; une tentative contre la position de Brentano fut repoussée après avoir coûté aux Prussiens 3 drapeaux et plus de 1.300 tués, blessés et pris, et seulement 300 aux Autrichiens; il en fut de même des mouvements destinés à couper les communications de l'ennemi avec Schweïidnitz. Daun se déroba par une marche de nuit. Pour venger cet échec, le roi envoya les cosaques de Czernitchew qui venaient de rejoindre l’armée royale et ses propres hussards brûler les magasins autrichiens et ravager le pays de Bohème jusqu'aux environs de Prague. Daun ne se laissa pas impressionner par ces diversionset conserva sa position aux environs de Schweïdnitz sur les hauteurs qui courent de Dittmansdorf à Burkersdorf avec son quartier général à Tannhausen.

« De son côté (2) Frédéric n'avait pas renoncé à son dessein de se rendre maître des hauteurs de Burkersdorf, Ludwigsdorf et Leutmansdorf. Il ordonna pour cet effet au lieutenant général de Wied de laisser le général

(1) Frédéric à Ferdinand, Klein-Tinz, 30 juin 1762. Correspondance Polilique, XXI, p. 563.

(2) Journal des opérations en Silésie. Record office, Londres.

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