‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 209 sur 230 · MANŒUVRE DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

MANŒUVRE DE FRÉDÉRIC

major de Gablenz avec une partie de son corps à Friedland pour observer le général Brentano, de passer avec la partie la plus considérable du corps derrière l'armée par Hohenfriedberg, dans la plaine, et de se loger dans les villages de Jauernick et Bunzelwitz, de façon qu’il ne pût être observé ni du côté de la ville ni de celui de l'armée ennemie; le général major de Müllendorf eut ordre de quitter pareillement avec sa brigade le camp de Seitendorf et d'entrer dans la plaine près de Kuntzendorf pour y cantonner de la même façon que le général de Wied. Pour être plus à portée des opérations S. M. transporta le 19 son quartier général de Seitendorf à Bügendorf et donna ordre au lieutenant général de Wied et au général major de Müllendorf de partir dans la nuit du 19 au 20, de se joindre sur la hauteur de Würben et de faire le tour de Schweïdnitz. Le lieutenant général de Wied se logea dans les villages de Creissow et Groeditz, mais le général major de Môllendorf continua sa marche jusqu’à Polnisch-Weistritz et s'y posta, de façon que son aile droite toucha au village et la gauche au quartier de cantonnement du lieutenant général de Wied. Le général major de Knobloch eut également ordre de marcher avant la pointe du jour avec la brigade à Polnisch-Weistritz et de s’y camper de manière que son aile droite était à Bügeudorf et la gauche à Polnisch-Weistritz; comme aussi d'y établir des ponts de communication entre lui etle général Müllendorf. Par cette manœuvre, l'ennemi était entièrement coupé de la forteresse, mais il gardait encore les montagnes des deux côtés de Burkersdorf, de même que les hauteurs de Ludwigsdorf, et il s’y était retranché et ce fut de là qu'il fallait le déloger. »

Ce fut à la veille de la bataille qui allait se livrer pour la possession des hauteurs occupées par les Autrichiens que Montazet rejoignit le quartier général. Vers la fin de mai, il avait fait son apparition à Vienne et avait eu avec

l'Impératrice une longue conversation; la princesse était furieuse contre Serbelloni qui parlait à tout moment d'abandonner les quelques cantons de la Saxe encore occupés par les Autrichiens. Avant de rallier, en Silésie, le quartier général de Daun, Montazet avait dû passer par Dresde où il avait été charge de remonter le moral de Serbelloni que la faveur de l'Empereur empêchait de déplacer. Son voyage avait été annoncé par un billet de l'Empereur (1) : « Je désire d'autant plus que vous discutiez aimablement vos idées, qu’il me convient que sa cour puisse être informée par lui-mêine du soin assidu avec lequel nous cherchons les moyens de faire choses utiles à la cause commune. » IL s'était employé de son mieux à remplir sa tâche mais sans grand succès, semblerait-il : « Je viens de dire ici, écrit-il (2), tout ce qu'on peut dire pour prouver la nécessité absolue et plus que possibilité de garder la Saxe. Mais M. de Serbelloni n’en fera qu'à sa tête; c'est un homme qu'on ne persuade pas et qui n'est nullement propre à commander une armée. Dieu veuille seulement que tout ce que j'ai dit de la part de Leurs Majestés Impériales, ainsi que les raisonnements que j'ai faits sur le local retardent pour longtemps l'évacuation de la Saxe ; mais encore une fois, il ne tient qu’à l'ennemi + la précipiter, quelques mouvements hardis de sa part suffiront pour cela. Au reste, j'ai répandu avec ‘soin dans le public qu’on allait tenter quelque chose contre l’ennemi et que les subsistances de Bohème allaient arriver en abondance. Peut-être mon voyage ici fera-t-il quelque effet chez l'ennemi qui, étant instruit exactement de ce qui se passe, saura sans doute que je suis venu porter des ordres précis à M. Serbelloni et arranger avec lui quelque opération. Il

(1) Empereur à Serbelloni, 6 juillet 1762. Archives de Vienne (2) Montazet au duc de Choiseul, Dresde, 13 juillet 1762. Archives de la Guerre.

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